Com d'Afrik

Tunisie : l’embarras diplomatique face à l’attaque de la flottille pro-Gaza

Dans la nuit du 8 au 9 septembre, une embarcation de la Global Sumud Flotilla, au large de Sidi Bou Saïd, a été visée par ce que ses organisateurs et des témoins qualifient d’attaque par drone. Une seconde attaque présumée aurait suivi dans la nuit du 9 au 10 septembre.
Alors que la flottille internationale entend briser le blocus israélien pour acheminer de l’aide humanitaire à Gaza, les autorités tunisiennes, de leur côté, nient toute attaque extérieure, allant jusqu’à évoquer… « un mégot de cigarette » à l’origine d’un incendie à bord.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Ce décalage entre les versions souligne la fragilité de la position tunisienne. D’un côté, le président Kaïs Saïed adopte régulièrement une rhétorique souverainiste et affiche un soutien fort à la cause palestinienne. De l’autre, son gouvernement se retrouve face à un dilemme : reconnaître une attaque étrangère sur son territoire maritime serait un aveu d’impuissance et risquerait d’ouvrir une crise diplomatique.
Ce silence officiel illustre une constante dans l’histoire politique tunisienne : maintenir l’illusion d’un pays sous contrôle, même en plein tumulte. Mais il met surtout en lumière les limites de la marge de manœuvre de Tunis dans un contexte régional hautement inflammable, où la solidarité affichée se heurte aux réalités géopolitiques.

 

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