Le groupe pétrolier britannique Tullow Oil, historiquement présent en Afrique de l’Ouest, vient d’annoncer une perte de près de 52 milliards de FCFA (environ 80 millions de dollars) suite à la vente de ses actifs au Gabon. Cette opération, initialement envisagée comme une stratégie de recentrage et de désendettement, se solde finalement par une importante dépréciation dans les comptes du groupe.
Malgré cette contre-performance, Tullow Oil poursuit son recentrage stratégique sur ses opérations clés, notamment au Ghana, où le groupe espère stabiliser ses revenus et renforcer sa rentabilité.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette perte met en lumière les incertitudes qui entourent encore l’environnement pétrolier africain, notamment en matière de gouvernance, de fiscalité, de rentabilité des projets et de transition énergétique. Le retrait de Tullow Oil du Gabon n’est pas un cas isolé : il s’inscrit dans une tendance plus large de désengagement de certaines majors ou compagnies indépendantes confrontées à la volatilité des marchés, à la pression environnementale et aux défis locaux.
Pour le Gabon, cette cession d’actifs soulève des interrogations : quelles sont les conditions de reprise par les nouveaux opérateurs ? Quel est le degré de transparence dans ces transactions ? Et surtout, quelles garanties pour la préservation des emplois, le respect des normes environnementales et le maintien des recettes pour l’État ?
Au-delà des chiffres, cette actualité rappelle l’urgence pour les pays producteurs de réévaluer leur attractivité, renforcer leurs cadres réglementaires et anticiper les mutations d’un secteur en pleine transformation.