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Tribune | PLF 2026 : Quand l’État adopte la logique du banquier

Le Conseil des ministres du 8 septembre a levé le voile sur les grandes orientations du Projet de loi de finances 2026.
Au-delà des chiffres, une tendance se dessine : l’État gabonais adopte une gestion budgétaire inspirée du modèle bancaire.

👉 Sécurisation de l’assiette fiscale (nouvelle taxe d’habitation, fin des exonérations, dividendes obligatoires des entreprises publiques).
👉 Adoption du budget base zéro, où chaque dépense doit justifier son impact.
👉 Centralisation de la trésorerie publique, comme le ferait un groupe financier pour optimiser sa liquidité.
👉 Mesures industrielles assorties de périodes transitoires, proches de véritables clauses contractuelles.

Derrière cette approche, on retrouve l’empreinte d’Henri-Claude Oyima, figure centrale du secteur bancaire gabonais, désormais influent dans l’appareil d’État : sécuriser avant d’investir, mesurer avant d’engager, contrôler avant d’annoncer.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Cette approche bancaire appliquée aux finances publiques marque un tournant stratégique. Elle offre plus de rigueur et de traçabilité, mais soulève une interrogation cruciale :
👉 Une banque gère des clients et des actionnaires ; un État gère des citoyens.
👉 Une banque sanctionne le défaut ; un État doit gérer les contestations sociales.

La réussite de ce PLF 2026 dépendra donc de la capacité à transformer la discipline budgétaire en résultats tangibles : baisse des prix du ciment, emplois créés par la transformation locale, services municipaux renforcés, équité sociale visible.

En d’autres termes : ce budget sera jugé, non sur la cohérence de ses ratios, mais sur sa capacité à améliorer concrètement la vie des Gabonais.

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