Le président français Emmanuel Macron entame ce 20 novembre une tournée diplomatique de cinq jours à travers quatre pays africains : l’île Maurice, l’Afrique du Sud, le Gabon et l’Angola. L’objectif affiché par l’Élysée : impulser une nouvelle dynamique dans les relations entre Paris et ses partenaires africains, loin des schémas issus de l’ère coloniale et des logiques de la « Françafrique ».
Au programme : diplomatie économique, coopération sécuritaire et participation à deux rendez-vous majeurs — le G20 à Johannesburg et un sommet Union européenne–Union africaine à Luanda.
Maurice : une étape stratégique dans l’océan Indien
Première halte : l’île Maurice. Une visite historique, puisque la dernière d’un président français remonte à 1993. Située au cœur de l’océan Indien et en plein essor économique, Maurice représente pour Paris un partenaire clé, aussi bien dans le domaine économique que dans la sécurité maritime.
Face à l’échec diplomatique récent à Madagascar, cette escale vise également à rééquilibrer l’influence française dans la région.
Afrique du Sud : entre G20 et rapprochement diplomatique
Le 22 novembre, Emmanuel Macron rejoindra l’Afrique du Sud. Il assistera au premier G20 organisé sur le continent africain — un sommet marqué par l’absence des États-Unis — et rencontrera le président Cyril Ramaphosa.
Des échanges avec le président algérien Abdelmadjid Tebboune pourraient également avoir lieu, dans un contexte de détente après la libération de l’écrivain Boualem Sansal.
Paris souhaite renforcer les liens économiques via la création d’un conseil d’affaires franco-sud-africain, sur le modèle de celui existant avec le Nigeria.
Gabon : soutien aux nouvelles autorités et diversification économique
Troisième étape : le Gabon, où Macron rencontrera le général Brice Clotaire Oligui Nguema, devenu président après la transition politique qui a suivi la destitution d’Ali Bongo en 2023.
Si le pays est riche en pétrole, un tiers de la population vit toujours dans la pauvreté. La France espère accompagner les efforts de diversification économique, notamment dans le secteur minier.
Angola : renforcer les partenariats Europe–Afrique
Dernière étape : l’Angola, hôte d’un sommet Union européenne–Union africaine destiné à faire le point sur le « Global Gateway », l’initiative européenne visant à soutenir les transitions numérique, énergétique et écologique dans les pays émergents.
Des financements importants sont en jeu, dont 150 milliards d’euros pour l’Afrique et 50 millions spécifiquement dédiés au développement agricole dans le corridor de Lobito.
Le regard de Com d’Afrik
Cette tournée revêt une portée symbolique autant que stratégique. Emmanuel Macron cherche à repositionner la France dans un paysage africain profondément transformé : montée des puissances émergentes, rejet croissant des ingérences étrangères, recomposition des alliances et nouvelles ambitions diplomatiques africaines.
Pour Com d’Afrik, cette initiative reflète une volonté française de réinventer sa présence sur le continent. Mais la question centrale demeure : cette redéfinition se fera-t-elle réellement en partenariat égalitaire, ou restera-t-elle prisonnière des réflexes du passé ?
Le succès de cette tournée dépendra de la capacité de Paris à proposer des collaborations concrètes, transparentes et réellement bénéfiques pour les populations africaines — et non seulement pour les entreprises françaises.
Dans un contexte où plusieurs pays francophones réévaluent leur relation avec Paris, cette tournée représente un test diplomatique crucial. Les Africains attendent avant tout des engagements solides, des partenariats équilibrés et un respect total de leur souveraineté.