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TANZANIE : Vives critiques contre la répression post-électorale

En Tanzanie, l’organisation internationale Human Rights Watch a tiré la sonnette d’alarme concernant les violences commises par les forces de sécurité à la suite des élections contestées de la semaine dernière.

Des manifestations ont éclaté dans plusieurs villes, notamment à Dar es-Salaam, après des accusations de fraudes massives. De nombreux jeunes sont descendus dans la rue pour exiger des élections transparentes et l’expression libre du suffrage populaire.

L’opposition affirme que près de 1 000 personnes auraient été tuées, un chiffre qui ne peut pas être vérifié de manière indépendante en raison des restrictions accrues contre les médias, des perturbations d’Internet et d’un contrôle sévère de l’information.
Human Rights Watch demande à l’État tanzanien de faire la lumière sur les abus, de garantir l’accès à l’information et d’engager des poursuites contre les responsables de violences envers les civils.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

La situation en Tanzanie illustre une dérive inquiétante observée dans certaines démocraties africaines : la criminalisation de la contestation politique et l’usage disproportionné de la force pour maintenir l’ordre post-électoral.
Alors que le pays jouissait jusqu’ici d’une image de stabilité relative en Afrique de l’Est, cette crise révèle un resserrement autoritaire et une fragilisation des contre-pouvoirs démocratiques.

Le blocage de l’information, les coupures d’Internet et les restrictions pesant sur la presse constituent des signaux d’alerte forts : ce sont souvent les premiers mécanismes déployés pour neutraliser l’opinion publique et empêcher la transparence.
Dans ce contexte, l’enjeu dépasse le seul cadre électoral ; il touche à la capacité du pays à protéger les libertés fondamentales, à garantir un espace civique ouvert et à prévenir une escalade vers des violences prolongées.

À l’heure où l’Afrique mise sur le renforcement institutionnel et le respect des processus démocratiques, le cas tanzanien rappelle l’urgence de renforcer l’observation indépendante, la liberté de la presse et les mécanismes régionaux de protection des droits humains.

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