Les plateformes sociales réduisent au silence deux figures emblématiques de la défense des droits humains en Tanzanie.
Les comptes Instagram de Mange Kimambi et Maria Sarungi Tsehai, actives dans la diffusion de témoignages et vidéos sur la répression électorale des mois d’octobre et novembre, ont été suspendus sans avertissement ni explication.
Depuis les élections du 29 octobre, largement contestées par des observateurs internationaux, la Tanzanie traverse une période de violences intenses. Selon les ONG et l’opposition, plus de 1 000 personnes auraient été tuées par les forces de sécurité, tandis que le parti Chadema évoque 700 morts en seulement trois jours. De son côté, l’armée qualifie les manifestants de “criminels”, justifiant les opérations répressives.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Com d’Afrik constate que la suppression de ces comptes illustre le double enjeu des droits numériques et des libertés civiles. Dans un contexte où la liberté d’expression est cruciale pour dénoncer les excès de l’État, l’absence de plateformes pour relayer ces informations fragilise le débat démocratique.
En tant que journalistes, nous soulignons que cette mesure pourrait décourager la documentation indépendante des violations et accroître l’opacité sur la réalité du terrain. La Tanzanie se retrouve ainsi face à une tension entre contrôle de l’information et responsabilité de rendre compte des droits humains.