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Tanzanie : L’opposition conteste la réélection de Samia Suluhu et réclame justice après des violences meurtrières
Com dAfrik / 13 minutes
7 novembre 2025
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La Tanzanie traverse une grave crise politique à la suite des récentes élections présidentielles marquées par de violences post-électorales d’une ampleur alarmante.
Selon les premières estimations relayées par plusieurs organisations locales, plus de 800 personnes auraient perdu la vie dans les affrontements survenus après l’annonce des résultats donnant Samia Suluhu Hassan victorieuse avec 97 % des suffrages.
Le Chadema, principal parti d’opposition, rejette catégoriquement ces résultats qu’il qualifie de frauduleux. Il accuse les forces de sécurité d’avoir procédé à des enterrements secrets des victimes afin de minimiser l’ampleur de la répression.
Face à ces accusations, l’opposition exige l’ouverture d’une enquête internationale et appelle la Cour pénale internationale (CPI) ainsi que l’ONU à identifier les responsables de ces exactions.
L’Organisation des Nations Unies, pour sa part, a demandé la mise en place d’une enquête “impartiale et approfondie” pour établir la vérité sur les faits.
La situation en Tanzanie révèle une fragilité démocratique inquiétante dans une région souvent citée comme modèle de stabilité politique.
Pour Com d’Afrik, cette crise met en lumière les tensions latentes entre légitimité électorale et confiance citoyenne, un équilibre de plus en plus difficile à maintenir dans plusieurs pays africains.
La réélection contestée de Samia Suluhu Hassan, première femme présidente du pays, souligne aussi la complexité du leadership féminin dans un contexte autoritaire, où la conquête du pouvoir s’accompagne parfois d’une dérive vers la centralisation extrême.
Au-delà du drame humain, ce scrutin interroge sur le rôle des institutions africaines et régionales face à la montée des crises politiques.
Le silence, dans un tel contexte, serait synonyme de complicité. L’Afrique de l’Est doit impérativement préserver la crédibilité de son modèle démocratique en privilégiant la transparence, le dialogue et la justice.