Il fallait s’y attendre : la politique tarifaire du Gabon en matière de surtaxes aériennes commence à peser lourdement sur l’attractivité de l’aéroport de Libreville.
👉 Dès la fin octobre 2025, Air France réduira ses vols directs entre Libreville et Paris. La compagnie proposera désormais 4 vols directs et 3 vols via Pointe-Noire (Congo).
Un choix stratégique dicté par la rentabilité, alors que le Gabon détient désormais le triste record du pays africain où les taxes et redevances sur les vols internationaux sont les plus élevées.
Selon l’AFRAA (Association des compagnies aériennes africaines), un passager quittant Libreville paie en moyenne 297,70 dollars (plus de 167 000 FCFA) uniquement en frais imposés.
Un fardeau qui pèse à la fois sur les compagnies aériennes, dont la marge est réduite, et sur les voyageurs, confrontés à des billets toujours plus chers.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette décision d’Air France illustre un problème structurel : l’environnement tarifaire au Gabon devient un frein majeur pour le transport aérien. Dans un contexte où les infrastructures restent limitées et où l’Afrique cherche à renforcer sa connectivité régionale et internationale, la compétitivité du pays s’en trouve compromise.
Trois conséquences à anticiper :
1️⃣ Une possible fuite progressive des compagnies aériennes vers des hubs voisins plus attractifs comme Douala ou Pointe-Noire.
2️⃣ Une pression accrue sur les voyageurs gabonais, qui pourraient être contraints de transiter par d’autres pays pour réduire leurs coûts.
3️⃣ Une image dégradée du Gabon sur le plan économique et touristique, alors même que le pays ambitionne d’attirer davantage d’investissements.
Si aucune réforme tarifaire n’est engagée, Libreville risque de perdre son statut de plateforme aérienne stratégique au profit de capitales régionales plus compétitives.