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Soudan : l’Union africaine dénonce de nouvelles attaques meurtrières visant des civils

Ce dimanche 7 décembre, l’Union africaine a exprimé son indignation face à une série de frappes de drones menées à Kalogi, dans le sud du Soudan, ayant coûté la vie à plusieurs dizaines de personnes, parmi lesquelles de nombreux enfants.

Selon les autorités locales, trois frappes successives ont visé une école maternelle, un hôpital puis un groupe d’habitants tentant de secourir les victimes. Essam al-Din al-Sayed, responsable administratif de Kalogi, attribue ces attaques aux Forces de soutien rapide (FSR) et à leurs alliés du Mouvement populaire de libération du Soudan-Nord (SPLM-N), actif dans le Kordofan du Sud et certaines zones de l’État du Nil Bleu.

Depuis le début du conflit entre l’armée soudanaise et les FSR en avril 2023, le pays est plongé dans une violence extrême, faisant des dizaines de milliers de morts et provoquant le déplacement de près de 12 millions de personnes.

La situation sur le terrain reste difficile à documenter : accès limité, communications instables et insécurité généralisée rendent la vérification indépendante presque impossible.

Dans un message publié sur X, le président de la Commission de l’Union africaine, Mahmoud Youssouf, se dit « profondément choqué » par l’ampleur des violences infligées aux civils. Il condamne avec vigueur ces frappes, qui auraient fait plus d’une centaine de victimes, dont de nombreuses femmes et enfants.
Il alerte également sur la poursuite des bombardements, des attaques de drones et des frappes ciblant des infrastructures essentielles comme les écoles et les hôpitaux.
L’UA appelle enfin à un cessez-le-feu immédiat et à la mise en place d’un accès humanitaire sécurisé et sans restriction.

🔎 Le regard de Com d’Afrik 

En tant que média spécialisé sur les dynamiques africaines, Com d’Afrik observe avec inquiétude l’escalade dramatique de la violence au Soudan.

1. Une dérive du conflit vers des attaques systématiques contre les civils

Les frappes visant des écoles et des hôpitaux ne sont pas seulement des violations graves du droit international : elles traduisent une banalisation alarmante de la violence contre les populations les plus vulnérables. Cette tendance accentue la crise humanitaire et fragilise encore davantage les chances d’une paix négociée.

2. Une communauté internationale démunie

Malgré les condamnations répétées, les mécanismes de pression restent limités. Le conflit soudanais s’enlise dans un silence global qui contraste avec son ampleur : la plus grande crise de déplacement au monde passe sous les radars, faute d’accès médiatique et diplomatique.

3. L’urgence d’un cadre de médiation crédible

Les appels au cessez-le-feu montrent la volonté de l’Union africaine de jouer un rôle central, mais sans un engagement coordonné — régional et international — aucune avancée significative ne semble possible. Le Soudan a besoin d’un dialogue structuré, incluant les acteurs armés, civils et humanitaires.

4. Un pays qui s’éloigne chaque jour davantage d’une sortie de crise

La multiplication des attaques de drones, l’effondrement des infrastructures civiles et l’isolement d’immenses zones du territoire compromettent durablement la stabilité du pays. Plus le conflit se prolonge, plus son impact dépasse les frontières soudanaises et menace la sécurité régionale.

Pour Com d’Afrik, la priorité doit être de remettre le drame soudanais au centre des préoccupations internationales et de rappeler l’urgence d’une protection réelle des civils.

 

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