Le Programme alimentaire mondial tire une nouvelle fois la sonnette d’alarme : plus de 20 millions de Soudanais font actuellement face à la famine ou à une insécurité alimentaire sévère, conséquence directe d’un conflit qui ravage le pays depuis avril 2023.
D’après Carl Skau, directeur exécutif adjoint du PAM, l’un des défis les plus critiques reste l’impossibilité d’accéder à certaines zones, notamment El-Fasher au Darfour occidental.
« Dès que nous parvenons à entrer, nous sauvons des vies », affirme-t-il, rappelant la nécessité vitale d’un accès humanitaire sécurisé.
La famine est désormais confirmée dans plusieurs régions, dont El-Fasher et Kadugli dans le Kordofan du Sud, selon les dernières analyses de l’IPC.
Malgré une aide mensuelle atteignant plus de 4 millions de personnes, les besoins explosent et dépassent largement les moyens disponibles, dans un contexte marqué par la réduction des financements internationaux et la montée des risques pour les travailleurs humanitaires sur le terrain.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
En tant que média engagé sur les enjeux africains, Com d’Afrik observe avec inquiétude une crise qui s’installe dans la durée et dont les conséquences pourraient être dévastatrices pour toute la région.
Au-delà des chiffres alarmants, la situation au Soudan met en lumière l’effondrement des mécanismes de protection civile et l’incapacité de la communauté internationale à garantir un accès humanitaire stable dans les zones de conflit.
La reconnaissance officielle de la famine dans plusieurs localités devrait pousser les acteurs internationaux à revoir leurs priorités budgétaires, car les coupes actuelles compromettent directement la survie de millions de civils.
Le défi principal reste la sécurisation des corridors humanitaires, sans laquelle aucune stratégie d’assistance durable ne peut fonctionner.
Il devient urgent que les belligérants respectent les normes internationales et qu’une pression diplomatique accrue soit exercée pour permettre aux agences humanitaires d’intervenir efficacement.