Simandou : premiers navires de minerai de fer, mais 99 millions de dollars introuvables au Trésor guinéen
Com dAfrik / 2 minutes
12 novembre 2025
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Le 11 novembre 2025 marque un tournant historique pour la Guinée : les premières cargaisons de minerai de fer de Simandou quittent Morebaya, après plus de deux décennies de négociations et d’investissements massifs. La production annuelle attendue : 120 millions de tonnes de minerai à haute teneur.
Mais derrière ce jour de célébration, le Conseil national de transition (CNT) alerte sur une opacité financière préoccupante : les 99 millions de dollars versés par Baowu Steel Group en 2024 comme ticket d’entrée restent introuvables dans les comptes du Trésor public.
Le projet Simandou repose sur deux consortiums : Simfer (Rio Tinto, Chinalco, État guinéen) pour les blocs 3 et 4, et WCS, où Baowu est désormais actionnaire majeur.
La Compagnie du TransGuinéen (CTG) gère rail et port, mais la publication complète des contrats reste limitée, certains invoquant un « secret d’État ».
L’absence d’encaissement de ce ticket d’entrée pose des questions sur la traçabilité des flux financiers, au moment même où le pays célèbre son ambition d’industrialisation et d’exportation massive.
Simandou est un symbole de potentiel économique immense pour la Guinée et l’Afrique de l’Ouest. Pourtant, l’introuvable ticket de Baowu et le secret entourant les contrats montrent que la gouvernance et la transparence restent des défis majeurs.
Exporter du minerai ne suffit pas : sans gestion claire et reddition des comptes, la richesse des montagnes pourrait s’évanouir en mer au lieu de bénéficier aux Guinéens. La leçon est claire : industrialisation et développement durable exigent une administration rigoureuse des flux financiers dès le départ.