SEEG : une prime controversée en pleine crise énergétique
Com dAfrik / 3 jours
31 octobre 2025
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Alors que les coupures d’électricité et d’eau persistent à travers le Gabon, la SEEG a annoncé le 28 octobre 2025 le versement d’une prime exceptionnelle équivalente à 1,2 % du salaire de base pour l’ensemble de son personnel.
Cette gratification sera versée en deux temps :
le 12 décembre 2025 pour les agents d’exécution, de maîtrise et les cadres,
en février 2026 pour les cadres supérieurs et dirigeants.
Cette décision intervient pourtant dans un contexte délicat : la société accumule une dette proche de 290 milliards FCFA et peine à assurer la continuité de ses services essentiels. Dans les quartiers de Libreville et ailleurs, les habitants subissent régulièrement les interruptions de courant et d’eau potable, alimentant frustration et mécontentement.
« Comment une entreprise incapable de nous fournir l’eau ou l’électricité peut-elle encore verser des primes ? », s’interroge un commerçant du centre-ville, un sentiment largement partagé par les usagers.
Si cette mesure vise à reconnaître l’engagement des agents, le timing et le contexte pourraient creuser le fossé entre la direction et les citoyens, renforçant la défiance envers un service public déjà fragilisé.
Cette annonce illustre un décalage entre communication interne et perception publique. Pour une entreprise en charge d’un service vital, l’efficacité se mesure d’abord à sa capacité à garantir l’accès à l’eau et à l’électricité.
Attribuer une prime pendant que les usagers subissent quotidiennement des coupures, même symbolique, peut être interprété comme un manque de sensibilité aux réalités du terrain. Ce geste, plutôt que de motiver, risque de provoquer indignation et méfiance.
La leçon pour la SEEG est claire : la reconnaissance des agents doit s’accompagner d’une amélioration tangible du service rendu. La crédibilité d’une entreprise de services publics ne repose pas seulement sur ses initiatives internes, mais sur la satisfaction et la confiance de ses clients.
En d’autres termes, avant de verser des primes, il faut d’abord rétablir la continuité du service. Car c’est là que réside le véritable engagement envers les Gabonais.