Com d'Afrik

Scrutin sous tension : l’ACER demande la reprise du vote dans plusieurs circonscriptions au Gabon

L’Autorité de Contrôle des Élections et du Référendum (ACER) a rendu public, ce mardi, un rapport sévère sur le déroulement des élections législatives et locales du 27 septembre 2025.
Ce document met en lumière de graves dysfonctionnements susceptibles d’entacher la crédibilité du scrutin et la légitimité des résultats proclamés.

Selon l’ACER, plusieurs irrégularités majeures ont été observées : absence de bulletins et de listes d’émargement, isoloirs non conformes ou manquants, ouverture tardive des bureaux de vote, sans oublier des comportements inappropriés de certains candidats.

Face à ces dérives, l’institution réclame la reprise du vote dans une dizaine de circonscriptions, parmi lesquelles celle de Rennes (France), où des urnes ont été vandalisées.
L’ACER précise également que des poursuites judiciaires seront engagées contre les commissaires électoraux ayant accordé des procurations « en violation des dispositions légales ».

Par la fermeté de son ton, l’autorité électorale semble vouloir marquer une rupture avec les pratiques du passé et réaffirmer son rôle de garant de la transparence démocratique.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

Cette sortie de l’ACER traduit un moment de vérité pour la démocratie gabonaise.
En reconnaissant publiquement les failles du processus électoral, l’institution fait un pas courageux vers la redevabilité et la transparence, mais soulève en même temps une question de fond : jusqu’où ira la volonté politique de corriger ces irrégularités ?

Pour Com d’Afrik, ce rapport constitue un test de maturité institutionnelle.
S’il est suivi d’actes concrets, il pourrait restaurer la confiance citoyenne et redonner du sens à la transition politique en cours.
Mais s’il reste sans suite, il risquerait au contraire de renforcer le scepticisme d’une population déjà éprouvée par des décennies d’élections contestées.

Au-delà des constats, c’est donc l’avenir de la légitimité démocratique qui se joue.
La balle est désormais dans le camp des autorités, appelées à transformer la critique en action, pour que le scrutin du 27 septembre ne devienne pas un nouveau symbole de désillusion politique.

 

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