Selon un rapport de Human Rights Watch, le cimetière militaire de Kanombe à Kigali ne cesse de s’étendre. Les nombreuses tombes creusées ces derniers mois alimentent les interrogations sur l’ampleur des pertes subies par l’armée rwandaise dans le conflit qui sévit à l’est de la République démocratique du Congo.
Malgré les preuves réunies depuis 2021 par les Nations unies, Kigali continue de nier toute implication directe de ses forces armées aux côtés des rebelles du M23. Mais les images satellitaires analysées par HRW montrent une augmentation significative du nombre de sépultures, notamment depuis l’intensification des combats à Goma et Bukavu.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette situation met en lumière un paradoxe : alors que le Rwanda nie officiellement sa présence militaire en RDC, la réalité sur le terrain semble indiquer le contraire. Le silence autour du nombre de pertes traduit non seulement une stratégie de communication militaire classique – préserver le moral et cacher ses vulnérabilités – mais il soulève aussi une question plus large : jusqu’où ce conflit régional, aux multiples acteurs, peut-il redessiner les équilibres politiques et sécuritaires de la région des Grands Lacs ?
Au-delà des tombes, c’est toute la question de la transparence, de la responsabilité et de l’avenir des relations entre Kigali et Kinshasa qui reste posée.