Royaume-Uni : Aichatou Sanni Aoudou réclame le retour des avoirs détournés sous l’ère Bongo
Com dAfrik / 10 minutes
5 novembre 2025
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Alors que le Gabon cherche à se détacher de l’héritage du système Bongo, la Haute-Commissaire du pays à Londres, Aichatou Sanni Aoudou, a lancé un appel solennel pour le gel et le rapatriement des biens spoliés par l’ancien clan présidentiel.
Dans une tribune publiée le 3 novembre 2025 sur IBTimes UK, elle demande aux autorités britanniques de saisir les propriétés et sociétés détenues à Londres par Sylvia Bongo Ondimba et son fils Noureddin Bongo Valentin, notamment dans le quartier prestigieux de Mayfair.
Sous les décennies de règne des Bongo (1967–2023), le Gabon — doté de ressources naturelles considérables telles que le pétrole, le manganèse et les terres rares — a vu une partie de sa richesse nationale détournée, laissant un tiers de la population dans la pauvreté malgré ce potentiel.
Aujourd’hui, sous la présidence de Brice Clotaire Oligui Nguema, le Gabon affirme sa volonté de diversifier l’économie, renforcer la transparence et consolider ses partenariats internationaux, notamment avec le Royaume-Uni depuis son adhésion au Commonwealth en 2022. Selon Mme Aoudou, la crédibilité de cette refondation dépend de la restitution des avoirs détournés.
Comme elle le souligne :
« Le Royaume-Uni, leader mondial en transparence financière, a une obligation morale et stratégique de restituer ces richesses au peuple gabonais. »
La démarche de la Haute-Commissaire gabonaise à Londres illustre un tournant majeur dans la lutte pour la transparence financière et la justice économique au Gabon. Le rapatriement des avoirs détournés n’est pas seulement une question de redressement financier : il symbolise la rupture avec des pratiques anciennes et la consolidation d’un État crédible.
Si cette initiative aboutit, elle pourrait renforcer la confiance des investisseurs internationaux et crédibiliser les réformes engagées par le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema. Cependant, le chemin reste semé d’embûches : la complexité juridique, les résistances potentielles et la coopération diplomatique avec les pays détenteurs de ces biens seront des facteurs déterminants.
Plus largement, cette affaire illustre un enjeu central pour l’Afrique : la capacité des États à rapatrier et valoriser leurs ressources spoliées à l’étranger, condition essentielle pour financer le développement et réduire les inégalités internes.