Le gouvernement de Brice Clotaire Oligui Nguema affiche une ambition claire : rompre avec des décennies de retard en matière d’infrastructures routières.
Sur un réseau national de 10 344 km, près de 70 % restent encore en latérite, freinant la mobilité intérieure, l’accès aux bassins de production et le développement économique du pays.
Mercredi, le ministre des Travaux publics, Edgard Moukoumbi, a dévoilé un plan inédit : bitumer 3 000 km de routes d’ici mai 2032, soit une progression de 29 % du linéaire bitumé. Si l’objectif est atteint, le taux passerait de 38 % aujourd’hui à 55 % en sept ans.
En comparaison, entre 1960 et 2025, seuls 2 700 km ont été réalisés – une moyenne de 41 km par an. Le nouveau rythme imposé (428 km par an) représente donc une véritable rupture avec l’immobilisme du passé.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cet objectif traduit un choix politique majeur. En visant 3 000 km en un septennat, le président Oligui Nguema s’attaque directement à l’un des plus grands angles morts des régimes précédents.
Mais le défi est immense. Trois conditions seront déterminantes :
1️⃣ Le financement, qui devra être soutenu et sécurisé sur la durée.
2️⃣ La gouvernance, pour éviter la répétition des chantiers fantômes et des surfacturations qui ont marqué l’histoire des grands travaux.
3️⃣ La transparence, afin que les populations puissent constater la concrétisation des promesses.
Si ce pari est tenu, il marquera un tournant historique et pourrait constituer l’une des plus grandes révolutions infrastructurelles du Gabon moderne. Mais la route entre ambition et réalisation reste longue et semée d’embûches.