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« Roi du Manioc » : quand l’entrepreneuriat gabonais transforme un aliment de base en moteur économique

Porté par le jeune entrepreneur Jean Francis Atsassanga, le projet « Roi du Manioc » s’impose comme l’un des symboles les plus prometteurs de la montée en puissance de l’agro-industrie gabonaise. En moins d’un an, cette initiative a atteint une production mensuelle de plus de 20 tonnes, tout en s’étendant dans plusieurs localités du pays et en impliquant directement des producteurs locaux.

Au cœur du dispositif, la logique est claire : créer de la valeur ajoutée locale. Le manioc récolté par les producteurs partenaires est racheté puis valorisé dans l’usine « Roi du Manioc », bientôt opérationnelle. L’objectif, explique Atsassanga, n’est pas uniquement de cultiver, mais surtout de garantir que les producteurs puissent vivre dignement de leur travail. Cette stratégie participe à la consolidation des revenus ruraux et renforce l’offre nationale en produits dérivés du manioc, tels que l’amidon et le tapioca.

Mais la vision va bien au-delà du marché local. L’ambition affichée est de positionner le Gabon comme exportateur d’amidon et de tapioca “made in Gabon”. Dans un contexte où la diversification économique reste un défi crucial, ce projet montre comment l’agro-industrie peut contribuer à réduire la dépendance vis-à-vis des ressources extractives, tout en intégrant le pays dans les chaînes de valeur régionales et mondiales.

Enfin, « Roi du Manioc » illustre l’importance d’un accompagnement structuré des jeunes entrepreneurs et des producteurs locaux, afin de stimuler l’économie rurale et créer des emplois durables. Cette initiative démontre qu’un aliment de base peut devenir un véritable moteur de développement économique et un vecteur de rayonnement international pour le Gabon.

Le regard de Com d’Afrik

En tant que média engagé dans l’analyse des dynamiques africaines, Com d’Afrik estime que le projet « Roi du Manioc » représente plus qu’une réussite entrepreneuriale individuelle : il est le reflet d’une mutation économique nécessaire.

D’une part, il met en évidence l’urgence de soutenir les filières agricoles locales dans un pays encore largement dépendant des importations alimentaires. D’autre part, il rappelle que la véritable souveraineté économique ne peut s’atteindre qu’en misant sur les ressources et savoir-faire endogènes.

Le défi principal réside désormais dans la pérennisation de ce modèle : comment garantir un encadrement durable des producteurs ? Comment assurer la compétitivité du manioc gabonais face aux géants régionaux et internationaux ? Enfin, comment attirer les investissements nécessaires sans perdre l’âme du projet, qui repose sur la valorisation des communautés locales ?

Si ces défis sont relevés, « Roi du Manioc » pourrait devenir non seulement une réussite gabonaise, mais aussi une référence africaine en matière d’agro-industrie innovante.

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