Com d'Afrik

Restitution des biens saisis en France : une pétition réclame 46 milliards FCFA pour le Gabon

Une pétition citoyenne intitulée « Gabon : Appel à la restitution des biens confisqués par la France », lancée le 3 novembre 2025 par l’entrepreneuse gabonaise Elvire Nancy Dikigou Mbadinga, appelle le président français Emmanuel Macron à restituer au Gabon les biens de la famille Bongo récemment saisis par la justice française dans le cadre de l’affaire des « biens mal acquis ».

Estimés à 70 millions d’euros (près de 46 milliards FCFA), ces actifs — immeubles, comptes bancaires, véhicules de luxe — ont été confisqués pour lutter contre la corruption, mais la pétition dénonce une incohérence :

« La France ne peut pas rendre justice au Gabon en gardant les biens du Gabon. »

L’initiative réclame le transfert officiel de ces avoirs à l’État gabonais, soulignant que ces biens font partie intégrante du patrimoine national et ne devraient pas être intégrés au patrimoine français, par exemple via des projets de logements sociaux.

« Restituer, c’est réparer », insiste le texte, qui appelle à faire de cette cause une mobilisation continentale, questionnant la légitimité morale de la justice et son rôle envers les pays dont elle confisque les biens.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

Cette pétition soulève un débat fondamental sur la souveraineté patrimoniale et la justice internationale.
Si la confiscation des biens mal acquis apparaît comme une mesure de lutte contre la corruption, elle pose également la question : la justice est-elle réellement au service des nations concernées ou de l’État qui applique la sanction ?

Pour le Gabon, cette restitution n’est pas seulement symbolique : elle représente un actif national significatif qui pourrait être mobilisé pour des projets de développement et renforcer l’économie locale.
Au-delà des questions financières, c’est un enjeu de dignité et de reconnaissance institutionnelle, rappelant que les richesses illégalement accumulées doivent revenir à ceux auxquels elles appartiennent légitimement.

Cette initiative citoyenne illustre aussi la montée de la conscience africaine sur la restitution des patrimoines et pourrait servir de précédent pour d’autres pays confrontés à des affaires similaires.

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