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Présidentielle au Cameroun : Arrestations de deux soutiens de l’opposant Issa Tchiroma Bakary

Alors que les résultats officiels de la présidentielle du 12 octobre sont attendus ce lundi 27 octobre, deux figures de l’opposition camerounaise ont été interpellées à Douala. Il s’agit de Djeukam Tchameni, président du MDI, et Anicet Ekane, président du Manidem, tous deux soutiens d’Issa Tchiroma Bakary, candidat de l’opposition qui revendique la victoire face au président sortant Paul Biya.

Selon leurs partis, les arrestations ont été menées vendredi 24 octobre par des hommes « encagoulés et armés » identifiés comme appartenant au Bataillon d’Intervention Rapide (BIR), avant d’être conduits vers une destination inconnue. La coalition Union pour le Changement 2025, qui avait désigné Tchiroma Bakary comme candidat consensuel, dénonce des manœuvres d’intimidation politique visant à décourager les mobilisations citoyennes.

Djeukam Tchameni et Anicet Ekane font face à des accusations qualifiées de « manipulation grossière » par leurs partis, qui évoquent la diffusion de fausses informations sur la possession présumée d’armes ou de documents électoraux falsifiés. Ces arrestations interviennent alors que le gouvernement camerounais a interdit les rassemblements publics et restreint la circulation des mototaxis, tout en provoquant de fortes perturbations de l’accès à Internet, limitant la couverture médiatique des événements.

Dans ce contexte, Issa Tchiroma Bakary affirme avoir remporté 54,8 % des suffrages, contre 31,3 % pour Paul Biya, et appelle ses partisans à poursuivre les mobilisations pacifiques dans le pays.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Pour Com d’Afrik, ces événements illustrent la fragilité de l’espace démocratique au Cameroun, où les tensions post-électorales sont exacerbées par des mesures restrictives :

  • Intimidation et restriction des libertés : Les arrestations ciblées de leaders politiques et les limitations des rassemblements publics soulignent le risque d’une concentration excessive du pouvoir exécutif.

  • Enjeux de transparence électorale : Les restrictions sur l’accès à Internet et la circulation d’informations contrôlées mettent en lumière la nécessité d’observateurs indépendants et d’une couverture médiatique libre pour garantir la crédibilité du scrutin.

  • Mobilisation citoyenne : Le maintien de marches pacifiques par l’opposition témoigne d’une volonté citoyenne forte de faire valoir le respect des résultats électoraux et des droits démocratiques.

Ces arrestations et restrictions constituent un signal d’alarme pour la communauté internationale et nationale : la stabilité politique repose autant sur la légitimité du processus électoral que sur la protection des acteurs politiques et des citoyens.

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