Com d'Afrik

Présidentielle 2025 : la dernière semaine de campagne s’ouvre au Cameroun

La dernière ligne droite de la campagne présidentielle au Cameroun a débuté ce lundi, à six jours du scrutin prévu le 12 octobre 2025.
Le président sortant Paul Biya, 92 ans, brigue un huitième mandat consécutif après 43 années au pouvoir. Sur les bulletins, onze candidats sont en lice, dont certains ont rejoint Bello Bouba Maïgari dans une alliance stratégique.

Ce dimanche, Issa Tchiroma Bakary, ancien allié de Paul Biya, a tenu un meeting à Douala, tandis que Joshua Osih et Cabral Libii sillonnaient respectivement le Nord et l’Extrême-Nord. Les candidats ont désormais six jours pour mobiliser les électeurs à travers le pays.

Le RDPC, parti présidentiel, poursuit sa campagne malgré l’absence physique de Paul Biya depuis son discours de la fête de la Jeunesse le 10 février. Les communicants du parti laissent entendre que le chef de l’État pourrait faire une apparition publique à Maroua, dans l’Extrême-Nord, avant le scrutin.

Sur le plan logistique, Elecam (Elections Cameroon) finalise le déploiement des bureaux de vote et du matériel électoral, malgré des critiques du SDF concernant l’absence de publication du fichier électoral actualisé et de certaines listes de bureaux de vote récents, indispensables pour sécuriser le scrutin.

Par ailleurs, un leader séparatiste anglophone exilé, Mark Bareta, a annoncé une suspension temporaire des opérations “villes mortes” dans les régions anglophones du 6 au 14 octobre. Cette trêve suit les excuses d’Issa Tchiroma Bakary aux populations anglophones de Bamenda, où il s’est engagé à reconnaître les problèmes des régions anglophones et à libérer les leaders séparatistes incarcérés.

Si certains accueillent ces annonces avec espoir, d’autres restent sceptiques quant à leur impact réel, dans un contexte où de nombreux groupes armés opèrent encore dans le Nord-Ouest et le Sud-Ouest du pays.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Cette dernière semaine de campagne illustre la complexité du processus électoral camerounais. Entre un président sortant très expérimenté, des alliances politiques mouvantes et une situation sécuritaire fragile dans les régions anglophones, le scrutin s’annonce sensible et décisif.

La suspension temporaire des “villes mortes” et les excuses d’Issa Tchiroma Bakary montrent que la question anglophone reste un enjeu central pour la crédibilité du vote et la participation des populations locales.
Mais la capacité réelle des acteurs politiques et électoraux à garantir un scrutin libre, sécurisé et transparent demeure un défi majeur. La réussite de ce processus pourrait redéfinir la légitimité démocratique du Cameroun pour les années à venir.

 

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