Alors que la Centrale d’Achat du Gabon (CEAG) est annoncée comme la solution pour réguler les prix des produits de première nécessité, les syndicats haussent le ton.
Lors d’un point presse tenu à Libreville, ils ont dénoncé la hausse incontrôlée des denrées alimentaires de base : riz, huile, pain, sucre, farine, poisson, lait… rien n’échappe à l’inflation.
Pour les travailleurs, les salaires stagnent tandis que le coût de la vie explose. « Les travailleurs peinent à survivre avec des salaires figés », a déclaré Etienne Moussavou, porte-parole de la coalition, appelant à des mesures urgentes et concrètes.
Les syndicats exigent :
- une réduction immédiate des prix des produits de première nécessité,
- une revalorisation du SMIG,
- un contrôle strict du marché,
- et la suppression des taxes excessives jugées responsables de la flambée.
Le contraste est saisissant : avec un taux d’inflation de 17 %, largement au-dessus du plafond de 3 % fixé par la zone CEMAC, le pouvoir d’achat des ménages s’effondre et la précarité s’accentue.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette crise met en lumière plusieurs failles structurelles :
- Un décalage inquiétant entre salaires et coût de la vie, qui fragilise la classe moyenne et plonge les plus modestes dans une insécurité économique croissante.
- Un marché insuffisamment régulé, où la spéculation profite du vide institutionnel en attendant la mise en œuvre effective de la CEAG.
- Une urgence sociale et politique, car la question du pouvoir d’achat n’est pas seulement économique : elle conditionne la stabilité sociale et la confiance des citoyens envers les institutions.
Au-delà des revendications syndicales, l’enjeu est clair : il s’agit de repenser le modèle de régulation du marché gabonais afin de garantir un équilibre durable entre prix justes et salaires décents.