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Port-Gentil : La victoire de Houangni Ambourouet remise en question

À Port-Gentil, l’élection municipale du 9 novembre pourrait connaître un rebondissement majeur. Le maire élu, Pascal Houangni Ambourouet, voit sa victoire contestée par un membre de son propre parti, l’Union démocratique des bâtisseurs (UDB). Le recours déposé exige l’annulation du scrutin, arguant du non-respect du vote secret, révélant une possible violations des normes légales et un précédent juridique inédit pour la commune.

Le vote à main levée ayant permis l’élection du maire pourrait être requalifié en irrégularité flagrante, menaçant l’installation officielle prévue pour le 22 novembre. L’auteur de la contestation, Jean-Philippe Douckagha, rappelle que la loi organique n°001/2014, réaffirmée en janvier 2025, impose un vote secret et uninominal pour l’élection des maires. Il réclame donc l’annulation pure et simple du scrutin et de l’installation des adjoints.

Cette situation illustre une fissure politique au sein du parti majoritaire, mais aussi une gestion approximative des procédures électorales. Selon certains observateurs, le choix du vote à main levée visait à accélérer le processus, au détriment du respect strict de la loi.

Alors que le recours est désormais entre les mains du gouverneur et potentiellement de la juridiction administrative, la mairie maintient le calendrier initial. Cette situation ouvre la voie à une possible instabilité institutionnelle et pourrait avoir un impact durable sur la manière dont les élections municipales sont conduites au Gabon.

🟠 Le regard de Com d’Afrik

Pour Com d’Afrik, cette affaire dépasse le simple cadre local et met en lumière les tensions entre pratiques politiques et cadre légal :

1. La loi face aux impératifs politiques

Le choix du vote à main levée, bien qu’efficace pour accélérer la procédure, contredit le cadre légal strict. Cette situation pose la question de la priorité entre rapidité administrative et respect des normes électorales.

2. Une fracture interne révélatrice

Le recours émanant d’un membre du parti majoritaire montre que les divisions internes peuvent influencer la légitimité des élections, soulignant l’importance d’une culture démocratique consolidée au sein des formations politiques.

3. Risque de précédent institutionnel

Si le recours aboutit, cela pourrait reconfigurer durablement la conduite des élections municipales au Gabon, en imposant une stricte application du vote secret dans tous les cas, indépendamment des contraintes locales.

4. Vigilance et transparence nécessaires

Cette affaire rappelle que la transparence et le respect du cadre légal sont essentiels pour la stabilité institutionnelle. Les citoyens et observateurs devront suivre de près l’évolution de ce dossier pour garantir que le droit prime sur les considérations politiques.

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