PLF 2026 : Les primes des fonctionnaires explosent à 94 milliards FCFA, un bond de 514 %
Com dAfrik / 3 jours
31 octobre 2025
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Le Projet de loi de finances 2026 révèle une réalité marquante : la Fonction publique gabonaise continue de peser lourdement sur le budget national.
Le plafond d’autorisations d’emplois est fixé à 119 317 agents, dont plus de 114 500 pour les ministères, tandis que les dépenses de personnel atteignent un niveau record de 959,7 milliards FCFA, soit une progression de 16 % par rapport à 2025, malgré un contexte de rigueur budgétaire.
Mais c’est surtout l’enveloppe des primes et indemnités qui attire l’attention : de 15 milliards FCFA en 2025, elle bondit à 94 milliards en 2026, soit une augmentation vertigineuse de 514 %. Cette flambée soulève des questions sur l’équité salariale et la soutenabilité des finances publiques, dans un contexte social déjà tendu.
La masse salariale globale reste écrasante : 833,7 milliards FCFA pour la solde permanente, et 32 milliards pour les autres rémunérations, absorbant près d’un quart des recettes de l’État. Depuis le changement politique du 30 août 2023, la masse salariale a connu une croissance significative, portée par des recrutements massifs et la revalorisation des indemnités, particulièrement dans les Forces de défense et de sécurité.
Si le gouvernement défend ces augmentations comme un moyen de renforcer la justice et la performance de la Fonction publique, certains observateurs mettent en garde contre un risque de saturation budgétaire, susceptible de freiner les investissements dans des projets structurants et la diversification économique.
Cette hausse spectaculaire des primes illustre un déséquilibre structurel de la gestion publique. Le Gabon investit massivement dans la Fonction publique, mais la question de la performance et de l’impact réel de ces dépenses sur les services rendus aux citoyens reste entière.
En tant que journaliste, on observe que la stratégie actuelle pourrait asphyxier le budget de l’État, réduire la marge de manœuvre pour les projets de développement et creuser le fossé entre les priorités financières et les besoins concrets de la population.
L’enjeu est donc double :
Rationaliser les dépenses en fonction des besoins réels et des priorités nationales.
Aligner la rémunération des agents sur la performance et les résultats, plutôt que sur des critères purement quantitatifs.
Sans ces ajustements, le risque est que la Fonction publique, censée être un moteur de développement, devienne un poids pour l’économie nationale, tout en alimentant des tensions sociales autour de la justice salariale.