Com d'Afrik

PK 11 : un marché vide, des trottoirs pleins, le paradoxe du commerce à Libreville

Inauguré pour mettre fin à l’anarchie commerciale, le marché du PK 11 peine à trouver son public. Les commerçantes installées sur le site dénoncent la concurrence des vendeurs informels, postés aux abords de l’hôpital psychiatrique de Melen et du PK 12, qui continuent de capter l’essentiel de la clientèle.

Alors que les allées du marché restent clairsemées et les étals peu fréquentés, les trottoirs environnants grouillent d’activités, illustrant un paradoxe persistant à Libreville : des infrastructures modernes construites pour sécuriser le commerce restent sous-utilisées, tandis que l’informel prospère.

Les commerçantes interpellent la mairie, appelant à une régulation plus ferme pour que leurs efforts et les investissements publics portent enfin leurs fruits. À l’approche des élections locales et législatives, la gestion de ces marchés pourrait devenir un enjeu politique sensible, révélateur du décalage entre les discours officiels et la réalité du terrain.

Le regard de Com d’Afrik

Le cas du PK 11 met en lumière un défi majeur de la gouvernance urbaine : comment concilier modernisation des infrastructures et régulation efficace du commerce informel ? L’expérience gabonaise démontre que la simple construction de marchés ne suffit pas à transformer les habitudes d’achat ou à sécuriser l’activité économique.

Pour que le marché devienne véritablement attractif, il faudra combiner aménagement, contrôle de l’occupation de l’espace public et accompagnement des commerçants. Sans ces mesures, l’investissement reste symbolique, et les efforts pour assainir la ville risquent de se heurter à la réalité persistante de l’informel, qui continue de dicter le rythme économique du quotidien des habitants.

 

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