Com d'Afrik

Pannes électriques : quand l’absence de courant met le froid… en déroute

Les coupures d’électricité répétées au Gabon provoquent bien plus qu’un simple inconfort quotidien. Elles entraînent une véritable crise alimentaire et économique discrète, particulièrement pour les professionnels dépendant de la chaîne du froid.

Poissonniers, restaurateurs, supermarchés, vendeurs de quartiers… tous voient leurs congélateurs s’arrêter, leurs stocks décongeler et des marchandises autrefois destinées aux assiettes finir malheureusement dans les poubelles.

Dans les marchés de Libreville, Port-Gentil ou encore Franceville, les pertes sont lourdes.
Un commerçant de Nzeng-Ayong confie :

« En trois jours sans courant, j’ai perdu plus de 300 000 FCFA de stocks. »

Les foyers aussi s’inquiètent : la peur de jeter des produits coûteux pousse désormais certaines familles à réduire l’achat de surgelés. Une situation préoccupante dans un pays où ces produits représentent une source importante de protéines pour de nombreux ménages.

Faute d’alternatives accessibles — groupes électrogènes coûteux, batteries solaires encore hors de portée pour beaucoup — l’instabilité énergétique menace la sécurité alimentaire, fragilise les commerces, fait grimper les coûts et alimente l’inflation.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Au-delà des pertes immédiates, cette situation révèle un problème structurel : la fragilité de l’écosystème économique face aux défaillances énergétiques.

Le Gabon importe massivement ses produits surgelés, faute de production locale suffisante. Cette dépendance fait de l’électricité un pilier stratégique, autant alimentaire qu’économique. Lorsque le courant faiblit, c’est toute une partie du commerce, de la restauration et du quotidien des familles qui vacille.

Le défi ne se limite plus à ramener le courant, mais à bâtir une vision durable :

  • renforcement du réseau électrique,

  • promotion des énergies alternatives fiables,

  • soutien technologique aux petits commerçants,

  • réflexion sur la souveraineté alimentaire.

Cette crise silencieuse nous rappelle que la stabilité énergétique n’est pas un luxe — c’est un fondement du développement social, économique et sanitaire. Garantir le froid, c’est garantir l’alimentation, l’économie locale et le pouvoir d’achat des ménages.

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