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Nigeria : l’Union africaine recadre Donald Trump et dément tout “génocide” dans le nord du pays

L’Union africaine (UA) a réagi fermement aux déclarations de Donald Trump, qui a récemment menacé d’intervenir militairement au Nigeria pour mettre fin, selon lui, à des “meurtres de chrétiens” commis par des “terroristes islamistes”.

Lors d’une conférence de presse à New York, en présence du secrétaire général de l’ONU Antonio Guterres, Mahamoud Ali Youssouf, président de la Commission de l’UA, a démenti catégoriquement ces affirmations.

“Il n’y a pas de génocide dans le nord du Nigeria.”
Il a appelé le président américain à “réfléchir à deux fois” avant de formuler des déclarations simplificatrices sur une situation jugée complexe, multidimensionnelle et profondément enracinée dans des conflits locaux.

Un contexte sécuritaire bien plus nuancé

Selon Youssouf, les violences dans le nord du Nigeria ne visent pas spécifiquement une communauté religieuse. Il rappelle que les premières victimes de Boko Haram sont majoritairement musulmanes, même si les attaques touchent indistinctement chrétiens et musulmans.

Le Nigeria, pays le plus peuplé d’Afrique, est confronté à :

  • l’insurrection jihadiste de Boko Haram et de l’État islamique en Afrique de l’Ouest (ISWAP),

  • des tensions foncières opposant éleveurs peuls musulmans et agriculteurs principalement chrétiens ou haoussa, exacerbées par le changement climatique,

  • des conflits communautaires récurrents dans plusieurs régions.

Ces dynamiques locales, souvent sans lien direct avec l’extrémisme religieux, alimentent un cycle de violences qui a fait plus de 40 000 morts et déplacé des millions de personnes depuis 2009.

Des propos jugés dangereux sur le terrain

Les déclarations de Donald Trump ont ravivé des inquiétudes chez les responsables locaux et religieux du centre du pays, notamment à Mangu, où les communautés chrétiennes et musulmanes tentent depuis un an de renouer le dialogue après des affrontements meurtriers.
Imams et pasteurs dénoncent des propos susceptibles de fragiliser un processus de paix déjà fragile et de raviver les tensions.

Abuja appelle à davantage de coopération internationale

Le président nigérian Bola Tinubu a, de son côté, réaffirmé sa volonté de renforcer la lutte contre le terrorisme, tout en demandant une aide internationale “appropriée”, loin de toute forme d’ingérence militaire directe.

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