Com d'Afrik

Nigeria – 25 lycéennes kidnappées : une crise amplifiée par des interprétations erronées à l’international

Les forces armées nigérianes poursuivent leurs recherches pour retrouver 25 lycéennes enlevées la nuit du 16 au 17 novembre 2025 dans l’école pour filles de Maga, dans l’État de Kebbi, au nord-ouest du pays. L’attaque a coûté la vie au directeur adjoint, Hassan Makuku, et plongé la communauté dans le traumatisme.

À Washington, certains milieux conservateurs se sont émus de l’enlèvement en pensant que les victimes étaient chrétiennes. Or, la police de Kebbi confirme que toutes les lycéennes sont musulmanes. Malgré cela, des élus républicains, dont Riley Moore, ont appelé à « prier » pour les otages en évoquant une enclave chrétienne inexistante, tandis que Donald Trump a laissé entendre qu’une intervention militaire américaine pourrait être envisagée.

L’État de Kebbi est pris en étau entre menace jihadiste et gangs criminels. Depuis 2014 et l’affaire de Chibok, les kidnappings massifs d’élèves se multiplient, souvent pour le rançonnement ou les mariages forcés, avec des réseaux opérant depuis les forêts de Zamfara et des États voisins. Les autorités locales ont promis de mobiliser toutes les forces disponibles pour retrouver les étudiantes et assurer leur sécurité.

📰 Le regard de Com d’Afrik

Cette affaire illustre deux dynamiques inquiétantes :

1️⃣ La violence sécuritaire persistante au nord du Nigeria, où la frontière entre terrorisme jihadiste et criminalité organisée devient floue. Les populations locales vivent dans un climat d’insécurité chronique, où les kidnappings ciblent essentiellement des filles et des jeunes femmes.

2️⃣ La distorsion médiatique internationale, qui révèle l’écueil des perceptions simplifiées et biaisées. L’émotion sélective de certains milieux américains, centrée sur la religion des victimes, démontre combien les enjeux locaux peuvent être mal interprétés à l’étranger, risquant de polariser l’opinion et d’alimenter des interventions inappropriées.

Pour Com d’Afrik, il est crucial que le traitement médiatique et diplomatique de ces drames repose sur des faits vérifiés et un engagement respectueux des réalités locales, afin de ne pas détourner l’attention des véritables besoins des victimes et de leur sécurité.

Leave a comment

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *