Lors d’une récente descente sur le terrain, le maire de Libreville, Pierre Matthieu Obame Etoughé, a mis en lumière un problème structurel qui freine toute modernisation du marché de Mont-Bouët : la superposition et la contestation de plusieurs titres fonciers.
Selon les constats réalisés, plusieurs lots du marché disposent de titres de propriété concurrents, parfois attribués à la municipalité, parfois revendiqués par des acteurs privés.
Cette situation entretient un flou juridique permanent, rendant difficile l’identification des détenteurs légitimes et favorisant une gestion désordonnée de l’espace commercial le plus fréquenté du pays.
Pour mettre fin à cette anarchie administrative, la mairie annonce la création de commissions techniques spécialisées dont la mission sera de :
- Examiner et clarifier le statut légal de chaque parcelle afin d’éliminer les conflits de titres.
- Redéfinir les responsabilités de chaque partie afin de stabiliser la gestion foncière du site.
Cette étape apparaît indispensable pour permettre les prochains projets d’assainissement, notamment le curage des canaux, essentiel pour protéger Mont-Bouët des inondations récurrentes et préparer une réorganisation durable du marché.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
En tant que média attentif aux enjeux urbains, nous observons que la problématique foncière de Mont-Bouët dépasse largement le simple cadre administratif : elle révèle l’un des défis majeurs de la gouvernance urbaine au Gabon.
Le marché, véritable poumon économique de Libreville, repose sur une occupation historique souvent informelle. L’absence de transparence dans l’attribution des parcelles a laissé place, au fil du temps, à une mosaïque de droits de propriété difficiles à démêler.
La mise en place de commissions techniques est une avancée, mais leur efficacité dépendra de deux éléments clés :
1️⃣ La capacité à conduire un audit foncier complet, exhaustif et accepté par toutes les parties concernées.
2️⃣ La volonté politique de faire appliquer les conclusions, même si celles-ci remettent en cause des pratiques ancrées depuis des décennies.
Si cette opération est menée jusqu’au bout, elle pourrait marquer un tournant majeur : celui de la transition vers une gestion moderne, transparente et sécurisée des espaces marchands. Mont-Bouët, souvent symbole de désordre, pourrait alors devenir un exemple de réorganisation urbaine réussie.