Le 5 septembre 2025, le Ministère de l’Économie a franchi un pas décisif vers la modernisation de la gestion salariale dans la fonction publique.
Par une note circulaire signée du Secrétaire général, Guy Nazair Samba, il a été notifié à toutes les administrations l’interdiction du paiement en numéraire de la Prime à la Performance Budgétaire (PPB) pour les agents non permanents et ceux en cours d’intégration.
Désormais, chaque agent devra fournir un Relevé d’Identité Bancaire (RIB) avant le 15 septembre 2025. Le texte est clair : « les agents n’ayant pas transmis ledit RIB à la date sus indiquée ne seront pas payés ».
Une décision conforme aux instructions du Ministre d’État, qui poursuit deux objectifs :
- Sécuriser et tracer les paiements : réduire les risques liés au transport et à la manipulation d’espèces.
- Accélérer l’inclusion financière : encourager la bancarisation, clé pour l’épargne et l’accès au crédit.
Cette mesure s’inscrit dans une stratégie plus globale de modernisation et de rationalisation des finances publiques au Gabon, tout en s’attaquant à la lutte contre la vie chère par la formalisation des transactions.
Le regard de Com d’Afrik
L’exigence de bancarisation pour les agents publics reflète une volonté politique forte de moderniser la gestion des finances publiques. Toutefois, cette mesure soulève aussi des interrogations pratiques : quid des agents vivant dans des zones rurales ou éloignées, où l’accès aux services bancaires reste limité ?
Si elle peut contribuer à renforcer la transparence et à fluidifier les paiements, cette réforme devra être accompagnée de solutions inclusives, telles que l’élargissement de l’offre bancaire ou l’intégration de services financiers digitaux. Sans cela, le risque serait de fragiliser une partie du personnel qui pourrait se retrouver exclu du système par défaut d’accès.
En somme, une avancée indéniable pour la gouvernance financière, mais qui doit s’appuyer sur une mise en œuvre progressive et adaptée aux réalités du terrain.