Le Mauritius International Financial Centre vient de s’imposer comme la place financière la plus compétitive du continent, dépassant Casablanca Finance City, selon la 38ᵉ édition du Global Financial Centres Index (GFCI) publiée le 25 septembre 2025 par le think tank londonien Z/Yen Group en partenariat avec le China Development Institute.
Classée 52ᵉ au niveau mondial, l’île a gagné 6 places par rapport à la précédente édition. Ce classement repose sur plus de 140 indicateurs quantitatifs (environnement des affaires, infrastructures, capital humain, etc.) et une enquête internationale menée auprès d’acteurs de la finance mondiale.
Grâce à sa position stratégique entre l’Afrique, le Moyen-Orient, l’Asie et l’Australie, Maurice attire déjà plusieurs centaines de sociétés : institutions financières, sièges régionaux de multinationales, fonds d’investissement, holdings et structures de gestion de patrimoine. Ce dynamisme contribue à plus de 1 milliard de dollars au PIB national (8 %) et génère 11 000 emplois, soutenu par une fiscalité compétitive (15 % d’impôt sur les sociétés avec exonérations partielles).
À l’échelle mondiale, New York reste leader devant Londres, Hong Kong et Singapour, tandis qu’en Afrique, Casablanca se maintient à la 2ᵉ place (56ᵉ mondiale), suivie de Kigali (65ᵉ), Le Cap (92ᵉ), Johannesburg (94ᵉ), Nairobi (105ᵉ) et Lagos (119ᵉ).
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Ce basculement met en lumière la montée en puissance de Maurice comme hub financier régional, mais aussi les défis de Casablanca et des autres places africaines pour rester compétitives.
Derrière ce classement, se joue une bataille stratégique : qui contrôlera les flux financiers liés au développement africain ? Maurice, avec son attractivité fiscale et son positionnement géopolitique, se place en porte d’entrée privilégiée vers l’Afrique. Toutefois, la question de la durabilité de ce modèle reste posée : dépendre d’une fiscalité avantageuse est-il suffisant face aux besoins croissants en innovation financière, digitalisation et régulation ?
Pour les acteurs africains, ce rapport du GFCI sonne comme un appel à la diversification et à l’adaptation, afin que les places financières locales puissent non seulement attirer les capitaux, mais aussi jouer un rôle moteur dans la transformation économique du continent.