Mali : Libération d’otages contre rançon — Bamako face à une pression croissante
Com dAfrik / 14 minutes
5 novembre 2025
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Au Mali, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans (JNIM) a procédé à la libération de deux ressortissants émiratis et d’un citoyen iranien en échange d’un important paiement financier — estimé entre 50 et 70 millions de dollars — ainsi que de matériel militaire. L’opération, survenue le 29 octobre, aurait également inclus la remise de véhicules, d’armes et de prisonniers au groupe jihadiste.
Dans le même temps, le blocus sur l’approvisionnement en carburant imposé par le JNIM depuis septembre continue de paralyser le pays. Activités économiques au ralenti, établissements scolaires fermés, marchés en rupture de produits essentiels… le Mali se trouve confronté à une crise d’asphyxie logistique sans précédent. Les attaques régulières sur les axes routiers poussent par ailleurs plusieurs chancelleries étrangères à exiger le départ immédiat de leurs ressortissants.
Le mouvement jihadiste semble désormais adopter une stratégie ciblée de pression économique, cherchant à fragiliser l’État malien sans confrontation frontale directe.
Cette libération d’otages contre rançon marque un tournant inquiétant dans la crise sécuritaire malienne. Au-delà de l’acte en lui-même, ce développement illustre la capacité du JNIM à imposer son rapport de force, tout en consolidant ses ressources financières et matérielles — un signal préoccupant pour la stabilité régionale.
La stratégie d’étouffement économique mise en œuvre par le groupe jihadiste révèle une évolution tactique : affaiblir l’État malien non plus uniquement par la violence armée, mais en paralysant son tissu social et économique. Dans un pays déjà fragilisé par des années de conflit, cette pression sur les infrastructures et les ressources vitales accentue le risque d’un effondrement institutionnel progressif.
Alors que Bamako tente de maintenir son autorité et son contrôle territorial, l’issue dépendra de sa capacité à restaurer les chaînes d’approvisionnement essentielles, renforcer sa coopération sécuritaire et préserver la résilience de sa population. Faute de quoi, la crise malienne pourrait s’installer durablement, avec des répercussions directes sur l’ensemble du Sahel.