À Madagascar, un tournant politique majeur vient de s’opérer.
Le colonel Michael Randrianirina a été officiellement investi à la tête du Conseil de défense nationale de la Transition, à la suite de la constatation de la vacance du pouvoir par la Haute Cour constitutionnelle, après la fuite du président Andry Rajoelina.
Depuis le palais d’Ambohitsirohotra, le nouvel homme fort du pays a dissous plusieurs institutions clés, notamment la HCC, le Sénat et la CENI, tout en conservant l’Assemblée nationale.
Dans son premier discours, il a affirmé vouloir « restaurer la stabilité, la sécurité et la justice », tandis que le camp présidentiel dénonce une prise de pouvoir illégitime, qualifiée de coup d’État militaire.
Selon la Constitution, de nouvelles élections devraient se tenir dans un délai de 30 à 60 jours, mais une charte de transition officieuse circule déjà, évoquant une période de deux ans renouvelable, accompagnée d’un référendum constitutionnel.
👁️ Le regard de Com d’Afrik
Cette prise de pouvoir militaire marque un nouvel épisode dans la longue histoire des transitions politiques à Madagascar, où la stabilité institutionnelle semble fragile depuis plusieurs décennies.
L’installation du colonel Randrianirina s’inscrit dans une logique de reprise en main autoritaire, souvent justifiée par un discours de restauration de l’ordre, mais qui interroge sur la viabilité démocratique du pays.
Entre les promesses de redressement et les accusations de coup d’État, le défi majeur résidera dans la capacité du nouveau pouvoir à rétablir la confiance du peuple malgache et à éviter l’isolement international.
Pour Madagascar, l’enjeu dépasse le simple changement de leadership : il s’agit de déterminer si cette transition militaire sera un pont vers la stabilité, ou une parenthèse de plus dans le cycle des ruptures politiques qui freinent son développement.