La situation politique à Madagascar connaît un tournant majeur. Le samedi 11 octobre, une partie des forces armées malgaches s’est jointe aux cortèges de manifestants, tandis qu’un contingent militaire a publiquement appelé ses camarades à refuser tout ordre de tirer sur la population.
Un geste fort, qui illustre la fracture croissante entre le pouvoir et ses forces de sécurité, et qui place le président Andry Rajoelina face à une pression politique et sociale sans précédent.
Les revendications, initialement centrées sur les pénuries d’eau et d’électricité, se sont rapidement élargies à des demandes de changement profond du système de gouvernance. Le mouvement, de plus en plus structuré, traduit une exaspération populaire accumulée depuis plusieurs années.
Selon les premières estimations, des dizaines de blessés et de morts sont déjà à déplorer, conséquence directe d’affrontements entre manifestants et forces de l’ordre. En réaction à cette instabilité croissante, Air France a annoncé la suspension temporaire de ses vols vers Antananarivo, accentuant l’isolement du pays sur la scène régionale.
📰 Le regard de Com d’Afrik :
En tant que média africain engagé dans l’analyse des dynamiques politiques du continent, Com d’Afrik observe dans cette crise une remise en question profonde du modèle de gouvernance malgache.
La désobéissance d’une partie de l’armée traduit non seulement une rupture de confiance entre les institutions et le peuple, mais aussi la fragilité d’un pouvoir central déconnecté des réalités sociales.
Ce mouvement social dépasse désormais le cadre des revendications économiques : il incarne un appel collectif à la refondation du contrat social à Madagascar.
Pour le président Andry Rajoelina, l’enjeu n’est plus seulement politique, mais existentiel : sa capacité à restaurer le dialogue et à proposer un projet national inclusif déterminera l’avenir du pays.
À travers cette crise, Madagascar rappelle les défis persistants des démocraties africaines, partagées entre la quête de stabilité et les aspirations populaires à plus de justice sociale, de transparence et de participation citoyenne.