Com d'Afrik

Les recettes fiscales, catalyseur d’une croissance plus inclusive en Côte d’Ivoire

Selon le dernier rapport de la Banque mondiale sur la situation économique de la Côte d’Ivoire, publié le 10 septembre 2025, le pays affiche une croissance robuste et résiliente face aux chocs mondiaux. Avec un taux de 6 % en 2024, supérieur aux moyennes mondiale (2,8 %) et régionale (3,2 %), la Côte d’Ivoire confirme sa dynamique, portée par l’investissement privé, les services et une inflation maîtrisée à 3,5 %.

Toutefois, pour accélérer sa transformation et réduire durablement la pauvreté — passée de 36,5 % avec un objectif de 20 % d’ici 2030 — le pays devra renforcer la mobilisation de ses ressources fiscales. Le rapport, intitulé « Mobilisation des recettes fiscales : catalyseur de productivité et de transformation économique », insiste sur ce levier essentiel pour financer les services publics, les infrastructures et le capital humain.

Une mobilisation en progrès, mais encore insuffisante

Le ratio fiscal/PIB est passé de 11,9 % en 2019 à près de 14 % en 2024, l’une des meilleures progressions de la région. Pourtant, ce niveau reste en dessous des 20 % visés par l’UEMOA et du seuil de 21,7 % attendu pour un pays au stade de développement de la Côte d’Ivoire.

Selon les projections, dépasser les 15 % de recettes fiscales rapportées au PIB pourrait ajouter 1 à 2 points de croissance annuelle, permettant d’atteindre une trajectoire de 7 à 8 % par an sur la prochaine décennie.

Des perspectives favorables mais des risques persistants

La croissance est attendue à 6,2 % en 2025 et à 6,4 % en moyenne d’ici 2027, portée par les hydrocarbures, les services et l’investissement privé. Toutefois, l’instabilité géopolitique, le changement climatique et la dépendance à l’aide extérieure représentent encore des menaces.

Le regard de Com d’Afrik

Ce rapport met en évidence un paradoxe : la Côte d’Ivoire réussit sur le plan macroéconomique, mais la redistribution de cette croissance demeure insuffisante pour transformer profondément les conditions de vie des populations.

L’enjeu fiscal devient alors un test de gouvernance : comment élargir l’assiette, accroître la transparence et lutter contre les exonérations abusives tout en préservant la compétitivité du secteur privé ?

La réussite de cette stratégie fiscale conditionnera non seulement la trajectoire économique du pays, mais aussi sa capacité à bâtir une croissance inclusive, équitable et durable. Autrement dit, c’est la crédibilité du modèle ivoirien qui se joue.

 

 

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