À quelques jours de l’ouverture officielle de la campagne, la Cour constitutionnelle se retrouve au centre du contentieux préélectoral.
Pas moins de 57 recours ont été déposés pour contester le rejet ou l’invalidation de certaines candidatures par la CNOCER (Commission nationale d’organisation et de contrôle des élections et du référendum).
Selon la loi, le président de la Cour, Dieudonné Aba’a Owono, et l’ensemble des juges disposent de huit jours pour examiner les dossiers et statuer « sur pièces ». Une attente cruciale pour les requérants, dont la participation à la première législature de la Ve République, au palais Léon-Mba, dépend de ces décisions.
La Cour a également rappelé au ministère de l’Intérieur son obligation de publier l’intégralité des listes de candidatures pour les conseils départementaux et municipaux. À ce stade, seules les têtes de liste ont été dévoilées, une pratique contraire à l’article 78 du Code électoral qui impose une totale transparence.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette séquence illustre la fragilité et la tension inhérentes au processus électoral :
- Un test de crédibilité pour la Cour constitutionnelle, appelée à jouer son rôle d’arbitre impartial dans un climat où chaque décision sera scrutée.
- Une exigence de transparence démocratique, rappelée avec force par la Cour elle-même, signe que la bataille se joue autant sur les candidatures que sur la confiance des citoyens dans les institutions.
- Un enjeu politique majeur : la gestion de ces recours conditionnera non seulement la composition du futur Parlement, mais aussi la perception de la sincérité du scrutin à l’échelle nationale et internationale.
En clair, l’échéance électorale ne se joue pas uniquement dans les urnes : elle se construit aussi dans les salles d’audience de la Cour constitutionnelle, là où se décide une part essentielle de la légitimité du processus.