Le Rwanda devient officiellement le troisième pays africain à accepter d’accueillir des migrants expulsés du territoire américain, après des négociations bilatérales avec Washington. Cette décision intervient dans le cadre d’une vaste campagne d’expulsions menée ces derniers mois par les États-Unis, qui cherchent à réorienter une partie des migrants vers des pays tiers, notamment en Amérique latine… et désormais en Afrique.
🎙️ Le regard de Com d’Afrik :
Cette coopération entre Kigali et Washington soulève des questions éthiques, politiques et diplomatiques. Si le Rwanda met en avant sa politique migratoire « humanitaire » et son rôle de partenaire stratégique de l’Occident, l’accord ne manque pas de faire polémique, tant sur le fond que sur la forme.
Transférer des migrants africains – souvent en situation de détresse – vers un autre pays du continent sans réelle garantie d’intégration ni de statut juridique stable, interroge sur la manière dont l’Afrique est perçue dans la gestion globale des flux migratoires : comme une simple zone de « délestage », plutôt qu’un espace de dignité et de souveraineté pour ses propres peuples.
Ce type d’accord pourrait créer un précédent, renforçant l’externalisation des politiques migratoires des grandes puissances, au détriment de la solidarité panafricaine et des principes des droits humains.