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Kenya : Des révélations parlementaires accablent des militaires britanniques sur des abus sexuels

Un rapport parlementaire publié ce mardi met en cause l’unité britannique BATUK, présente au Kenya depuis 1963, pour des faits de violences sexuelles étalés sur plusieurs décennies.
L’enquête fait état d’une « hausse préoccupante d’actes d’inconduite sexuelle », incluant viols, agressions et enfants abandonnés nés de relations imposées ou non reconnues par certains soldats.

Implantée à Nanyuki, à environ 200 km au nord de Nairobi, l’unité de formation britannique joue un rôle économique majeur pour la région depuis l’indépendance. Toutefois, sa présence a régulièrement été au cœur de polémiques : pollution environnementale, accusations d’abus de pouvoir, sentiment d’impunité… Ces nouvelles révélations, pour la première fois étayées par une institution officielle kényane, renforcent les interrogations sur les responsabilités et l’encadrement de ces forces étrangères.

🔍 Le regard de Com d’Afrik

Pour Com d’Afrik, ce rapport constitue un tournant majeur dans un dossier longtemps marqué par le silence et l’absence de suites judiciaires.
Le fait que le Parlement kényan publie officiellement ces conclusions représente une étape décisive vers la reconnaissance des victimes et vers la fin d’une impunité souvent reprochée aux forces étrangères stationnées en Afrique.

Toutefois, une interrogation demeure : quelles actions concrètes suivront ces révélations ?
L’enjeu sera la capacité du Kenya et du Royaume-Uni à coopérer pour instaurer des mécanismes de justice, de réparation et de prévention, afin de restaurer la confiance des populations locales.
Pour que cette prise de parole institutionnelle ne reste pas symbolique, il faudra des mesures fortes, transparentes et suivies d’effets — notamment des enquêtes indépendantes, un accompagnement des victimes et une redéfinition claire du cadre juridique encadrant les opérations militaires étrangères.

 

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