Com d'Afrik

Justice internationale : la CPI face aux défis de la paix et de l’impartialité

Du 1er au 6 décembre 2025, les États parties à la Cour pénale internationale (CPI) se réunissent à La Haye pour la 24ᵉ session de leur Assemblée. L’occasion de s’interroger : la justice pénale internationale peut-elle réellement contribuer à la paix ? La CPI est-elle un tribunal impartial ou ciblé ?

Depuis sa création en 2002, la CPI a poursuivi des individus accusés de crimes de guerre, crimes contre l’humanité, génocides et crimes d’agression. Sa compétence est limitée aux crimes commis après juillet 2002 et repose sur le Statut de Rome, ratifié par 125 pays. La Cour n’a pas de force de police et dépend de la coopération des États pour arrêter et transférer les suspects, ce qui limite fortement son action.

Des enquêtes souvent longues et complexes

La CPI agit en complément des juridictions nationales et ne peut intervenir que lorsque ces dernières sont incapables ou refusent de juger. Les enquêtes durent en moyenne sept ans, souvent ralenties par l’accès difficile aux zones de conflit et la collecte de preuves. Des cas emblématiques, comme ceux du Soudan au Darfour, illustrent ces contraintes : malgré plusieurs mandats d’arrêt, des responsables présumés restent en liberté faute de coopération étatique.

La CPI et l’Afrique : entre critiques et avancées

L’Afrique concentre la majorité des affaires jugées par la CPI, ce qui alimente la perception d’un tribunal « contre l’Afrique ». Pourtant, la Cour a aussi ouvert des enquêtes sur des crimes en Asie, en Europe et en Amérique latine. Des affaires historiques, comme celle d’Hissène Habré ou des génocides au Rwanda, montrent que la CPI peut soutenir la justice transitionnelle et contribuer à la réparation des victimes.

🔍 Le regard de Com d’Afrik

La CPI représente une avancée majeure dans la lutte contre l’impunité internationale, mais ses limites sont flagrantes : dépendance à la coopération des États, lenteur des procédures, et difficultés d’accès aux preuves sur le terrain.

Du point de vue d’un journaliste professionnel, ces obstacles traduisent un paradoxe : la Cour incarne l’espoir d’une justice universelle, mais peine à transformer cet espoir en actions concrètes pour les victimes. Le cas du Darfour illustre la tension entre symbolique de la justice et réalité du terrain : des crimes massifs sont documentés, mais la réparation et la responsabilisation des auteurs restent incomplètes.

Pour Com d’Afrik, l’enjeu est double : renforcer la crédibilité et l’efficacité de la CPI, tout en sensibilisant l’opinion publique mondiale à l’importance de soutenir la justice internationale. La paix durable dépend autant de la justice que de la volonté politique des États.

 

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