Com d'Afrik

Julien Nkoghe Bekale réclame l’annulation du double scrutin de 2025, dénonçant un “fiasco électoral”

Au lendemain des élections législatives et locales, Julien Nkoghe Bekale, ancien Premier ministre et cadre du Parti démocratique gabonais (PDG), a pris la parole dans une déclaration solennelle. Il y dénonce des « irrégularités massives » et une « organisation chaotique », accusant directement le gouvernement dirigé par Brice Clotaire Oligui Nguema d’avoir failli à sa mission.

Selon lui, ce scrutin, qui aurait dû marquer une étape vers le renforcement démocratique, a au contraire révélé « une gouvernance électorale défaillante », entachant l’intégrité et la sincérité du processus.

Souhaitant dissocier le PDG de toute accusation, Nkoghe Bekale a tenu à préciser : « Ni le ministre de l’Intérieur, ni les membres de la CNOCER ne sont encartés au PDG ». Pour lui, la responsabilité incombe uniquement aux institutions chargées d’organiser le scrutin.

Face à ce qu’il qualifie de crise majeure de confiance, l’ancien Premier ministre a lancé un appel direct au Président de la République : « La seule décision qui s’impose est l’annulation pure et simple de ces élections ».

🔎 Le regard de Com d’Afrik

La sortie de Julien Nkoghe Bekale révèle une fracture profonde dans la perception du processus électoral gabonais. En appelant à l’annulation totale du scrutin, l’ancien Premier ministre met en évidence non seulement l’ampleur des irrégularités dénoncées, mais aussi la fragilité de la transition politique amorcée depuis 2023.

D’un côté, sa déclaration vise à réaffirmer la responsabilité exclusive des institutions étatiques, épargnant ainsi son parti, le PDG, de toute implication directe. De l’autre, elle traduit l’urgence d’un débat national sur la crédibilité des mécanismes électoraux. Car si la confiance des citoyens est rompue, la légitimité des élus et la stabilité démocratique sont immédiatement compromises.

Cet appel à l’annulation, inédit de la part d’un ancien Premier ministre, interroge : le Gabon est-il prêt à assumer une remise à plat complète du processus électoral, ou persistera-t-il dans des logiques qui alimentent méfiance et contestation ?

 

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