Selon les dernières estimations du Fonds monétaire international (FMI), le Gabon devrait enregistrer une inflation de 2,2 % en 2025, un niveau bien en dessous du seuil communautaire de 3 % fixé par la CEMAC. À titre de comparaison, le Cameroun affiche une inflation de 4,1 % au premier semestre, dépassant largement cette limite.
Cette performance témoigne d’une certaine résilience de l’économie gabonaise, soutenue par les politiques monétaires de la BEAC et une relative modération des prix à l’importation. Dans un contexte régional où l’inflation tend à se stabiliser entre 2,8 et 2,9 %, le Gabon apparaît comme un élève discipliné de la zone CEMAC.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Derrière la solidité de ces chiffres macroéconomiques, une autre réalité persiste : celle du quotidien des ménages.
Si le taux d’inflation est maîtrisé, le coût de la vie reste élevé pour de nombreuses familles, notamment celles dont les revenus proviennent du secteur informel. L’accès aux produits de première nécessité demeure fragile, et la perception d’une « vie chère » reste ancrée dans l’opinion publique.
Cette situation illustre une tension classique : la stabilité économique globale ne garantit pas automatiquement une amélioration tangible du pouvoir d’achat. Pour transformer ces performances en progrès social, un effort supplémentaire est attendu du côté des politiques publiques en matière de soutien aux revenus, de protection sociale et de sécurisation des filières d’approvisionnement.
En somme, le Gabon peut se féliciter de faire mieux que ses voisins, mais la bataille pour le bien-être des ménages est loin d’être gagnée.