La dernière note de conjoncture économique révèle un contraste marqué dans l’industrie de transformation au premier trimestre 2025.
Alors que certaines filières affichent des résultats encourageants, d’autres peinent à suivre le rythme.
🔻 La peinture : en recul de -7,2% en glissement trimestriel, soit 72 tonnes de moins pour une usine de 1 000 tonnes par trimestre. Bien qu’elle affiche une hausse annuelle de +6,7%, cette baisse traduit la fragilité du secteur, fortement dépendant de l’approvisionnement en pigments et du dynamisme des chantiers de construction.
🔻 Les tôles : une situation plus préoccupante encore, avec une baisse de -1% sur le trimestre et surtout -17,1% sur un an. Pour une aciérie produisant 10 000 tonnes par trimestre, cela représente une perte de 1 710 tonnes et un manque à gagner de plusieurs centaines de millions de FCFA. Les difficultés d’importation des intrants et une demande locale affaiblie expliquent ce recul.
Ces contre-performances soulignent la vulnérabilité persistante de l’appareil productif national, encore trop tributaire des importations et des aléas logistiques internationaux.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
L’industrie de transformation au Gabon se trouve à un tournant stratégique. Les baisses enregistrées dans la production de tôles et de peintures rappellent l’urgence d’une politique industrielle ambitieuse, orientée vers :
- La diversification des sources d’approvisionnement (acier, pigments, clinker),
- Le développement d’une production locale plus compétitive,
- Un soutien accru aux filières industrielles pour réduire leur dépendance aux importations.
Au-delà des chiffres, le véritable enjeu est la résilience de l’économie gabonaise. Tant que l’industrie restera exposée aux chocs externes, elle peinera à jouer pleinement son rôle de moteur de croissance et de création d’emplois.