D’après les prévisions inscrites dans le Projet de loi de finances (PLF) 2026, les recettes issues du domaine pétrolier devraient connaître une augmentation remarquable de 65 %, passant de 780 milliards à 1 288 milliards de FCFA.
Cette évolution s’explique notamment par une reprise des revenus tirés des participations dans les sociétés pétrolières — malgré une légère régression de 12 % — ainsi que par un rebond très significatif des recettes provenant du domaine foncier, en hausse de 63 %.
En revanche, les résultats sont moins favorables dans d’autres secteurs. Les participations de l’État dans les entreprises hors pétrole enregistrent un recul de 33 %, tandis que les revenus provenant des sociétés minières diminuent de 7 %.
Ces fluctuations confirment la forte dépendance du budget national aux hydrocarbures, un phénomène persistant malgré les discours et initiatives visant à diversifier l’économie.
Le PLF 2026 parie ainsi sur un renforcement des revenus pétroliers pour soutenir l’activité économique du pays. Un pari qui reste tributaire de facteurs externes, notamment l’évolution des marchés internationaux, et de la capacité des opérateurs locaux à maintenir leurs niveaux de production.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Pour Com d’Afrik, ces projections mettent en lumière une question centrale : le modèle économique gabonais reste étroitement lié aux performances du secteur pétrolier, malgré une volonté affichée de diversification. La hausse des prévisions pour 2026 peut être interprétée comme une bonne nouvelle à court terme, mais elle révèle également une fragilité structurelle.
Car si les hydrocarbures continuent d’assurer l’essentiel des recettes, les baisses constatées dans les autres participations de l’État — notamment dans les entreprises hors pétrole et dans le secteur minier — soulignent les difficultés à bâtir des relais de croissance solides.
Dans ce contexte, la stratégie budgétaire du pays apparaît comme un exercice d’équilibriste : profiter de la reprise attendue du pétrole tout en restant conscient de la volatilité du marché mondial.
La véritable question demeure : à quelle vitesse le Gabon pourra-t-il réduire sa dépendance aux hydrocarbures pour sécuriser sa trajectoire économique ?