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Guinée : présidentielle fixée au 28 décembre, Doumbouya désormais éligible

La Guinée s’apprête à organiser, le 28 décembre prochain, sa première élection présidentielle depuis le coup d’État de 2021.

Ce scrutin intervient après l’adoption d’une nouvelle constitution qui modifie en profondeur le cadre institutionnel :

  • les membres de la junte au pouvoir peuvent désormais se présenter,
  • la durée du mandat présidentiel passe de 5 à 7 ans, renouvelable deux fois.

Cette évolution ouvre la voie à une possible candidature du général Mamadi Doumbouya, arrivé au pouvoir par un putsch et qui, à ses débuts, avait pourtant affirmé ne pas vouloir briguer la magistrature suprême.

L’annonce, faite par décret, survient dans un climat de fortes tensions politiques, l’opposition accusant le régime de retarder le retour à un ordre démocratique et de manipuler les réformes à son avantage.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Ce tournant politique révèle un paradoxe fréquent dans les transitions africaines : le passage du discours de rupture à la tentation de conservation du pouvoir. En rendant éligibles les membres de la junte, la nouvelle constitution bouleverse l’esprit de la transition, et risque de nourrir la méfiance d’une partie de la population.

La question centrale reste la suivante : la présidentielle de décembre sera-t-elle l’aboutissement d’un retour au pluralisme démocratique, ou le début d’un cycle où les règles sont façonnées pour pérenniser un pouvoir issu d’un coup d’État ?

Pour la Guinée, le scrutin de 2025 sera bien plus qu’un simple rendez-vous électoral : il s’agira d’un test de crédibilité démocratique, observé de près par l’Afrique et la communauté internationale.

 

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