À Conakry et dans plusieurs villes du pays, la distribution des cartes d’électeurs se poursuit en vue du référendum constitutionnel prévu le 21 septembre. Les habitants se rendent dès l’aube dans les centres de retrait, munis de leurs récépissés et de leurs pièces d’identité. Le président Mamadi Doumbouya a lui-même récupéré sa carte, donnant ainsi le coup d’envoi symbolique de l’opération.
Cependant, ce processus électoral est loin de faire consensus. L’opposition dénonce des intimidations, la fermeture de médias et un climat hostile, la poussant à boycotter le scrutin. Le Bloc libéral, dernier grand parti d’opposition encore autorisé, a même suspendu sa participation initiale, évoquant un manque de transparence.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
Cette séquence politique illustre une contradiction majeure : d’un côté, une mobilisation populaire encadrée par l’État et présentée comme un exercice démocratique ; de l’autre, un rejet croissant de l’opposition, qui perçoit ce référendum comme un outil de légitimation du pouvoir militaire.
L’absence de consensus autour du processus électoral fragilise la crédibilité du scrutin. Si la distribution massive des cartes traduit une volonté de participation citoyenne, le boycott d’une large partie de l’opposition risque de transformer ce rendez-vous démocratique en un plébiscite contesté.
Au-delà du 21 septembre, la véritable question sera de savoir si ce référendum ouvre la voie à une stabilisation politique, ou s’il accentue davantage la fracture entre le pouvoir et une opposition marginalisée.