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Guinée-Bissau : les militaires prennent le contrôle et installent un Conseil national de transition

Le 26 novembre 2025, la Guinée-Bissau a été secouée par un coup d’État, à la veille de l’annonce des résultats provisoires des élections présidentielle et législatives. Le président sortant, Umaro Sissoco Embalo, au pouvoir depuis 2020, a été renversé et le processus électoral suspendu, plongeant le pays lusophone d’Afrique de l’Ouest dans une nouvelle crise politique.

Un Conseil national de transition dirigé par les militaires

Dans une résolution publiée le 4 décembre, le Haut commandement militaire a annoncé la mise en place d’un Conseil national de transition, chargé de superviser le processus politique et de préparer les instruments de transition.

Le général Horta N’Tam, proche de l’ex-président Embalo, a été désigné président de la transition, avec un Premier ministre nommé pour l’accompagner. La résolution reste toutefois floue sur la composition exacte du conseil et les critères de sélection de ses membres.

Les militaires justifient leur intervention par un contexte électoral qu’ils jugent à risque, évoquant la possibilité d’une guerre civile à caractère ethnique, et dénoncent des tensions qui auraient rendu leur action « nécessaire » pour la stabilité du pays.

Un contexte historique d’instabilité

La Guinée-Bissau n’est pas étrangère aux coups d’État. Depuis son indépendance du Portugal en 1974, le pays a connu quatre coups d’État réussis et de nombreuses tentatives de putsch. La destruction de procès-verbaux et de matériel électoral par des hommes armés cagoulés a empêché la commission électorale de publier les résultats du scrutin du 23 novembre, renforçant le chaos politique.

L’opposant Fernando Dias, principal rival d’Embaló lors du scrutin, affirme avoir remporté les élections et accuse l’ex-président d’avoir orchestré le coup d’État. La communauté internationale observe désormais la situation avec une attention particulière.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Com d’Afrik note que ce nouveau coup d’État illustre la fragilité persistante des institutions en Guinée-Bissau. Le recours répété à la force militaire pour régler les crises électorales traduit un manque de maturité démocratique et une défiance structurelle envers les mécanismes civils de gouvernance.

Le choix des militaires de nommer un proche d’Embaló à la tête de la transition pose la question de la neutralité et de la légitimité du processus à venir. Sans un encadrement rigoureux et une médiation internationale crédible, la Guinée-Bissau risque de rester piégée dans un cycle d’instabilité, où élections et coups d’État se succèdent, au détriment du développement et de la cohésion nationale.

 

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