Construits pour assainir la ville et offrir aux commerçants des espaces modernes, sécurisés et organisés, les nouveaux marchés du Grand Libreville – notamment ceux de PK11 et d’Akanda – peinent à atteindre leurs objectifs.
Malgré des infrastructures flambant neuves, nombre de vendeurs déplorent une faible affluence. La raison ? Une large partie de la clientèle continue de se tourner vers les commerçants restés à l’extérieur, qui attirent davantage d’acheteurs grâce à leur proximité et leur accessibilité.
➡️ Résultat : des commerçants en règle qui peinent à écouler leurs marchandises, à payer leur loyer mensuel (15 000 FCFA) et parfois même à rentrer chez eux avec des revenus décents. Pour beaucoup, la situation devient intenable et appelle une action plus ferme des autorités municipales afin d’inciter les opérateurs à rejoindre les marchés officiels.
🔍 Le regard de Com d’Afrik
Ces nouveaux marchés illustrent un paradoxe fréquent dans la gestion urbaine : construire sans anticiper l’usage réel par les populations.
Si la volonté de moderniser l’espace commercial est indéniable, plusieurs facteurs expliquent l’échec partiel de ces projets :
- La localisation excentrée des marchés, éloignés des flux naturels de clientèle.
- L’absence de mesures incitatives ou coercitives pour intégrer les commerçants de rue.
- Une tarification jugée trop élevée par rapport aux revenus générés.
L’enjeu va bien au-delà des infrastructures : il s’agit d’adapter la planification urbaine aux réalités socio-économiques. Les marchés doivent être pensés là où la demande existe réellement, et non seulement comme des symboles de modernisation.
À défaut, le risque est grand de voir ces espaces se transformer en « éléphants blancs », coûteux pour les finances publiques et inefficaces pour les commerçants comme pour les consommateurs.