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Gabon : une réforme d’envergure de la fiscalité foncière pour renforcer les ressources locales

Le Gabon engage une transformation majeure de son modèle fiscal foncier. À Libreville, la Direction générale des Impôts (DGI), en partenariat avec la Banque mondiale, a réuni experts nationaux et spécialistes venus d’Afrique pour un séminaire consacré à la modernisation du système foncier et à l’amélioration de la mobilisation des recettes publiques.

Pendant deux jours, les participants ont échangé autour du thème : « Regards croisés sur la fiscalité foncière : défis et perspectives », avec pour ambition de repenser les mécanismes de collecte, renforcer le cadastre et valoriser un potentiel fiscal estimé à près de 100 milliards de FCFA par an, dont à peine un quart est aujourd’hui réellement recouvré.

Le directeur général des Impôts, Éric Boumah, a souligné l’importance stratégique de cette réforme : l’impôt foncier représente plus de 50 milliards de FCFA par an, mais son rendement reste faible en raison d’un recouvrement insuffisant. La DGI prévoit d’ailleurs une meilleure structuration des outils de collecte dès 2026, avec une exigence claire : toute personne exerçant une activité devra s’acquitter de ses obligations fiscales.

De son côté, la représentante résidente de la Banque mondiale, Aissatou Diallo, a rappelé les défis techniques : données cadastrales obsolètes, faible couverture nationale et manque de digitalisation, autant de freins qui limitent la performance du dispositif actuel.

L’impôt foncier demeure par ailleurs marginal dans les recettes nationales, notamment en raison de l’absence d’une véritable politique d’urbanisation et des capacités techniques limitées au niveau local. La modernisation du fichier foncier, la digitalisation des procédures et un recensement rigoureux sont donc au cœur des recommandations.

L’objectif final est clair : doter le pays d’un cadre fiscal modernisé, soutenir la décentralisation et améliorer le financement des collectivités.

🔎 Le regard de Com d’Afrik

Cette initiative marque un tournant important dans la gestion publique gabonaise. La fiscalité foncière, longtemps considérée comme périphérique, s’impose désormais comme un levier majeur de souveraineté financière.

Notre analyse met en lumière trois points clés :

  • La nécessité d’un cadastre fiable : sans données actualisées, aucune stratégie fiscale ne peut être efficace. Le défi est autant technique que politique.
  • Le rôle moteur des collectivités locales : une meilleure fiscalité foncière représente une opportunité de renforcer l’autonomie financière des communes, condition essentielle d’un développement équilibré.
  • La transparence et la redevabilité : en améliorant la traçabilité des recettes foncières, l’État peut renforcer la confiance du public et garantir une allocation plus efficace des ressources.

En somme, le Gabon s’engage dans une réforme structurante, dont la réussite reposera sur la combinaison de modernisation numérique, volonté politique et accompagnement des acteurs locaux.

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