Com d'Afrik

Gabon : une nouvelle taxe sur l’électricité pour financer l’assainissement urbain

Le Projet de Loi de Finances 2026 introduit une nouvelle contribution baptisée « Contribution pour l’amélioration du cadre de vie », une mesure qui fera désormais partie des factures d’électricité de la majorité des ménages gabonais.
Fixée à 9 % du montant hors taxe, cette contribution sera collectée par les distributeurs — notamment la SEEG — puis reversée à l’État, à l’image du mécanisme appliqué à la TVA.

Objectif affiché : financer les projets d’assainissement, de voirie et de salubrité publique dans les grandes villes du pays.
Les fonds serviront notamment à la réhabilitation des routes, au ramassage des ordures, au balayage des artères et au curage des caniveaux, souvent cités parmi les causes des inondations récurrentes à Libreville et dans d’autres capitales provinciales.

Bonne nouvelle toutefois : les abonnés sociaux, c’est-à-dire les foyers les plus modestes bénéficiant d’un tarif subventionné, seront exonérés de cette contribution.
Le gouvernement assure vouloir ainsi préserver les ménages vulnérables, tout en maintenant la priorité donnée à l’amélioration de l’environnement urbain.

👁️ Le regard de Com d’Afrik

Si cette initiative s’inscrit dans une volonté légitime de repenser la qualité du cadre de vie urbain, elle soulève aussi de vraies interrogations économiques et sociales.
Dans un contexte marqué par une inflation persistante, la hausse du coût de la vie et la suppression progressive des subventions, cette taxe de 9 % pourrait être perçue comme une charge supplémentaire pesant sur des ménages déjà fragilisés.

Le succès de cette mesure dépendra donc de deux facteurs essentiels :
1️⃣ La transparence dans la gestion des fonds collectés ;
2️⃣ La visibilité rapide des résultats concrets sur le terrain — routes rénovées, caniveaux curés, ordures effectivement collectées.

Sans cela, cette réforme risquerait d’être vécue non comme un levier de développement, mais comme une ponction de plus sur le pouvoir d’achat.
Le pari d’Oligui Nguéma est audacieux : convaincre les Gabonais qu’une taxe peut réellement se transformer en amélioration visible de leur quotidien.

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