Les conclusions du recensement du patrimoine immobilier de l’État dans la province de l’Estuaire, présentées lors du Conseil des ministres du 4 décembre 2025, dressent un tableau particulièrement préoccupant. Le rapport met en évidence une série d’engagements locatifs irréguliers, témoignant d’une gestion administrative peu rigoureuse qui alourdit sensiblement les dépenses publiques.
D’après les informations communiquées, 91 contrats de location ont été examinés pour un coût annuel global estimé à 24,7 milliards de FCFA. Parmi eux, 24 baux portent sur des immeubles délabrés et totalement inoccupés, représentant tout de même 2,3 milliards de FCFA. Plus encore, 67 contrats présentent des irrégularités fiscales, occasionnant un manque à gagner évalué à 3 milliards de FCFA pour le Trésor public.
Des irrégularités majeures mises en lumière
Le communiqué final du Conseil des ministres souligne plusieurs cas problématiques :
- Des bâtiments loués mais laissés à l’abandon ;
- Des infrastructures en état de dégradation avancée ;
- Des montants de loyers jugés disproportionnés ;
- Des défauts de conformité fiscale (TSIL et IRPP non versés).
Face à ces dysfonctionnements, le gouvernement a confié au Ministère de l’Économie et des Finances, ainsi qu’aux administrations concernées, la responsabilité de prendre des mesures urgentes : résiliation ou renégociation des baux, mise en règle des obligations fiscales et récupération des sommes dues.
🔎 Le regard de Com d’Afrik
En tant que média engagé dans le suivi des politiques publiques, Com d’Afrik note que cet audit constitue un signal fort envoyé par les autorités. Il met en lumière une problématique largement connue mais rarement exposée avec autant de précision : l’opacité persistante autour de la gestion du patrimoine public.
Ce rapport révèle surtout l’absence d’un système de contrôle efficace, permettant à des situations anormales – bâtiments vides, loyers surévalués, détournements fiscaux – de perdurer au détriment des finances publiques. Pour un État en quête de rationalisation budgétaire, ces pratiques témoignent d’un véritable gouffre financier.
La volonté affichée de prendre des mesures correctives est encourageante, mais elle devra s’accompagner d’un suivi rigoureux, d’une transparence accrue et d’une responsabilisation des gestionnaires publics. L’enjeu dépasse la simple remise en ordre administrative : il s’agit de restaurer la confiance des citoyens dans la gouvernance et l’intégrité de l’État.