Gabon : tensions autour de l’arrestation de l’entrepreneur et journaliste Harold Leckat
Com dAfrik / 2 semaines
20 octobre 2025
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La Confédération syndicale des travailleurs du Gabon (CSTG) a exprimé sa profonde préoccupation face à ce qu’elle qualifie de justice à deux vitesses dans le traitement des affaires impliquant des acteurs économiques au Gabon.
L’organisation syndicale dénonce notamment l’arrestation jugée brutale de M. Harold Leckat, journaliste et entrepreneur, interpellé à sa descente d’avion dans le cadre d’un différend commercial ne présentant, selon elle, aucune victime directe.
Dans le même temps, la CSTG s’interroge sur le silence des autorités à propos des accidents mortels survenus à répétition dans la zone économique spéciale de Nkok, où plusieurs travailleurs ont perdu la vie dans des conditions de sécurité contestées.
« Pourquoi un tel zèle dans certaines affaires, et tant de mutisme quand des vies sont en jeu ? », interroge la confédération.
Pour elle, ce déséquilibre dans le traitement judiciaire fragilise la confiance des citoyens envers les institutions.
La CSTG rappelle avec fermeté que :
⚖️ La justice ne doit pas devenir un outil de pression contre ceux qui entreprennent ou s’expriment librement ;
🛡️ La vie des travailleurs gabonais doit être protégée avec la même rigueur que les intérêts économiques ;
🤝 L’égalité devant la loi est un principe non négociable, quel que soit le statut ou l’origine des entreprises concernées.
En conséquence, la CSTG réclame :
➡️ la libération immédiate de M. Leckat ;
➡️ le respect des procédures légales et de la dignité humaine ;
➡️ des enquêtes transparentes sur d’autres affaires économiques sensibles, comme la gestion des fonds COVID ou des fêtes tournantes.
Pour la confédération, la justice gabonaise doit protéger, et non humilier, dans un esprit d’équité et de responsabilité.
L’affaire Harold Leckat illustre, une fois encore, les fragilités de la gouvernance judiciaire et sociale au Gabon.
Au-delà du cas individuel, elle soulève une question essentielle : quelle place la justice accorde-t-elle réellement à la transparence, à la proportionnalité et à l’équité dans le traitement des citoyens ?
Pour Com d’Afrik, cette situation traduit une crise de confiance entre les institutions et la société civile.
Lorsque des travailleurs meurent sans suite judiciaire, mais qu’un entrepreneur ou journaliste est arrêté avec précipitation, c’est toute la cohérence de l’État de droit qui est mise en doute.
Le défi aujourd’hui n’est pas seulement de libérer un homme, mais de restaurer la confiance des Gabonais dans leur système judiciaire.
Une justice équitable, impartiale et accessible à tous est la pierre angulaire d’une démocratie solide et d’un climat social apaisé.
Le pays a besoin de justice forte, pas de justice spectacle.
Et c’est à cette exigence que se mesure la maturité d’une nation.